Je croise sur une photo le hashtag "fin de vie" et ça me donne envie de jeter internet dans la mare avec la grenouille qui n'en finit pas de grossir et ses têtards discrets. Dans la vraie vie W. plante des choux de Bruxelles et des romanesco pendant que je dénoyaute les kilos de cerises qu'on nous a données. Des petits sachets plein le congélateur, qui porteront cette odeur de j'y suis presque de fin d'année quand on les ressortira. Il n'y aura pas beaucoup de temps avant que je refasse cette recette à la purée de noisettes (en doublant la quantité de fruits et en ne mettant que 30gr de sucre en tout -de coco). 

Le petit gilet bleu avance, j'arrose le potager, la rhubarbe se plaît enfin. En rentrant de ma balade du soir dans le jardin je refais ce gâteau à la noix de coco merveilleux, avec de la farine de riz. Ça commence à sentir bon, toutes ces petites choses qui ont leur place dans ma journée, à côté des quelques heures au cabinet cet après-midi. François a avancé sur mon coin couture en haut, je le découvre avec joie en montant avec les garçons pour les histoires du soir. Tu vois que tu es bon pour les surprises! Le projet pour l'étrenner ce sera une salopette de marmouset. Odilon choisit son tissus, plein de lamas. Avec François on se lance un regard en coin qui dit un peu mon dieu la dégaine

Thé "joie de vivre", ce podcast Un été en Antarctique qui évade bien, un léger mal de gorge que j'aimerais ne pas avoir remarqué. Les garçons sont incouchables, lui pas là. Ça ne fais pas si longtemps que mes têtes à têtes ont le goût d'une fête, c'est toujours une surprise. Je me chuchote vous, ici? Le lendemain il finit de peindre et pendant ce temps, après un coup de fil en écosse et les à bientôt joyeux qui le terminent, je fais un clafoutis aux cerises et aux amandes. Pépin me dira plus tard mais moi je voulais un vrai dessert! On a plein de choses à dire pour la chose préférée du soir, autour de la bougie. Dans les bras on a encore un peu la journée de travaux à l'école hier, ranger, peindre, poncer, pendant que les enfants construisent dans l'immense bac à sable, et que Melchior dort dans le jardin d'enfants au milieu des rondins de bois. L'école 2ème maison, les saucisses le midi, le sirop de menthe maison sur les marches en fin de journée. 

Je travaille la porte ouverte. Je pleure entre 2 patients parce que ça continue, ça brûle et que je m'épuise à trouver le bon chemin pour que ça guérisse. Pour que je guérisse, je ne sais pas trop. Forcément le thé, forcément son écoute qui accueille mes hoquets, et même une poignée de copeaux de noix de coco. Quelques minutes après un haussement d'épaules chasse cette cape noire dans laquelle j'étais coincée et à nouveau ça peut reprendre sa petite place dans ma vie, un petit coin de mur quand la pièce est grande et les fenêtres grandes ouvertes. Et du basilic anisé sur le rebord de fenêtre. 

2 commentaires:

et parce que c'est parfois frustrant de ne pas pouvoir s'en dire plus: tinoftea@gmail.com