J'avais 6 minutes ou peut-être un peu moins avant de partir. Je n'avais même pas allumé la lumière, pas besoin et surtout ne prendre aucun risque de leur faire ouvrir un oeil. J'aimais bien l'idée de cette escapade et du petit déjeuner qui en suivrait, d'abord la boulangerie, un peu snob mais très tentante, avec son parking plein de chats. Puis la supérette, pour le lait et la confiture qui venait à manquer à la fin de ce séjour. C'était lui qui devait s'en charger, mais c'était bien moi qui ne m'était pas rendormie après les râleries très matinales d'Odilon alors... (lui si, petit paquet chaud vite atterri dans notre lit). Ici la lumière brille toute la nuit, quand je me réveille je ne sais pas dire s'il est trop tôt ou pas. Mais les gouttes de pluie font ainsi un joli dessin sur les pavés. Il y avait déjà des voitures dehors, plein, enfin pour moi, et l'énorme bambou du jardin gigotait drôlement. Au dessous de ma tête des grosses charpentes blanches comme j'aime, et du gris-chic autour de moi qui me dépayse. 

On est sur des chaises bien trop petites, prenant cahin caha des notes. On me dit "c'est ta semaine sociale alors?", mais je n'aurai pas dit ça. Je me demande quelle serait la journée de Pépin dans cette école, et mon coeur se pince un peu à imaginer la densité de ce qu'il y vivrait. Est-ce qu'on fera aussi bien, différemment? Dehors je vois le soleil et je les imagine se promener, pas jalouse mais heureuse pour eux. Je les rejoins quand la journée est finie, les soirées sont courtes mais on s'y fait des petits programmes qui donnent un goût de vacances à cette semaine de formation. Tous les matins les rouge-gorges attendent leurs miettes, et cette marmelade ne vaut pas celle de Valérie. On reviendra pour d'autres sessions, retrouver les draps en flanelle, la lavande et les pavés blancs. (Et les petites chaises, et donc l'ostéo qu'il m'a fallu voir vite vite pour me déplier un peu! Surtout qu'en avril je serai plus culbutesque encore...)

Un patient me dit de fermer les yeux et je voudrais que ça dure longtemps cette pause, je suis surprise d'être si soulagée de ces quelques secondes grappillées. J'aimerais que des gaufres m'attendent à la maison tout à l'heure, mais je ne sais pas si ça se sera glissé dans leur programme. Je dis trop oui, et mon agenda me fait mal au ventre. Une espèce de "juste pour cette fois" qui se répète dont j'ai du mal à voir la fin... mince. Je pense à du chronophage plaisir à immiscer dans tout ça, mettre ces nouvelles graines dans une boîte (marguerites, physalis, haricots beurre, coquelicots etc, lors d'une belle après midi troc de graines et petits gâteaux), continuer LA couverture, rendre ces murs un peu moins blancs et donc plus miens, évidemment. En rentrant il faisait jour, et il y avait en effet une pâte pour des gaufres qui levait... 

4 commentaires:

  1. Je double ici la réponse que je vous ai faite sur mon blog et viendrai me promener ici régulièrement. Bonne journée, bonne semaine et que la vie vous soit douce et forte !

    Oh Clémence ! Un départ ... et votre retour ... quel choc au cœur de vous (re)trouver ce matin ici ... Les surprises virtuelles ... une petite jeune Lobster vous abandonne un jour en laissant un blog sur la table, entamant une vie professionnelle, et on la retrouve, des années après, installée, avec enfants, et semblant heureuse et égale à la belle impression qu'alors j'avais d'elle. Je vous "récupère", Clémence, et vous lie, illico presto, aux autres personnes, virtuelles, réelles, absentes ou pas loin, à la longue liste de proches ... un grand merci d'avoir laissé ce mot !

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  2. Que c'est joli ce nouveau cabinet! Et la pâte à gaufres... <3

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  3. bravo pour le travail!!!!!!!!!! le cabinet est superbe!!!!!!!!!!!
    bon courage et bonne continuation

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  4. Ououah le beau lieu de travail !!! Et la couverture à quoi ressemble-t-elle ?

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et parce que c'est parfois frustrant de ne pas pouvoir s'en dire plus: tinoftea@gmail.com