On pique-nique à une grande tablée, que des gens inconnus mais le lieu est familier. L'avant veille la propriétaire sous la pluie devant une porte ouverte m'avait dit j'ai une tendresse infinie pour toi, tu n'es pas comme ma fille mais... De mains en mains les tartes s'échangent, ah ouf vous aimez ma pizza! qu'on dit au bout de la table, une recette de liqueur d'orties -quand chez moi le purin embaume tout le jardin-, un vin de feuilles de cerisier et une salade de pommes de terre dans laquelle Odilon ne mange que les cornichons. On avait vaguement un programme pour le reste de la journée, une histoire de périple, mais les journées sont courtes et ce qu'il reste à faire avant ma babymoon si... dense? Alors j'ai mis ma robe du jardin, et mis en terre quelques godets de semis. Dans le cerisier planté l'an dernier, assez de feuilles pour faire une bouteille de vin sûrement, et une seule et unique cerise sur laquelle on louche comme sur une pépite d'or... (et qui finira par se faire manger par une pie avant qu'on la découpe religieusement en quatre!)

Après c'était le temps de deux jours durant lesquels je ne devais surtout pas accoucher, sous peine de ne pas pouvoir vivre l'accouchement prévu (gardes de notre sage-femme pas prévues, il aurait fallu se rendre à la mat...). Alors la vie a ralenti, beaucoup, beaucoup... On va quand même au toboggan, à l'heure où tous les écoliers sont dehors, sans faire exprès. On explique, l'école là ou ailleurs, moi je suis encore un peu mal à l'aise... Grain de sable, que voient-ils lorsqu'ils voient ces enfants courir et s'interpeller, leurs jeux dans la cour? Il me faut encore arroser la confiance, pour qu'elle grandisse. Une sieste, avec Odilon et sa crinière chaude à l'odeur de tout petit encore, puis sous le parasol du jeu-travail et les lettres qu'ils apprivoisent. Je m'étais dit non, mais assise comme ça le jardinage n'était pas si pénible, et il faut bien faire de la place pour ces tomates (encore!). 

Le lendemain un petit périple, pour une séance d'acupuncture et une partie de piscine avec les enfants. Petite ville maintenant loin de chez nous, dans laquelle je me rendais seule quand, un peu sonnée que j'étais encore de ce bébé si pressé de nous rejoindre, je venais y vivre le suivi d'Odilon chez cette sage-femme-bonne-fée (comme elles semblent toutes l'être d'ailleurs). La petite ville désuète avec un grand parc et une médiathèque qui fait envie, totalement de celles dans lesquelles je serai contente d'habiter si vous n'étions pas partis sur le chemin d'une vie de Robinson. J'adorais la route qui serpentait, la salle d'attente dans laquelle je posais souvent mon livre sur mes genoux sans l'ouvrir, seulement contente d'être passive pour quelques minutes, un peu tourbillonnée que j'étais. Parfois en sortant j'allais manger un sandwich sur la place, et faire un mini tour au Monoprix tout décati. Cette fois-ci c'est eux que j'ai rejoints au parc, ils collectionnaient les plumes tombées dans l'herbe. Moi j'étais toute activée pour nidifier, le point du coeur, à l'intérieur du poignet, avait même un peu saigné. 

5 commentaires:

  1. Heureuse de te retrouver.
    Je pense bien à toi et venais régulièrement voir si tu avais donné des nouvelles.

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  2. Quel énorme bidou ! Il va être beau, ce bébé !
    Bises de l'ouest !

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  3. C'est si bon, à chaque fois, de te lire, chère Clémence !

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  4. Toujours le plaisir de tes mots, ici.
    Caroline
    ♥️

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  5. Peut-être que ton BB M. est né? Peut-être qu'il n'aime pas la pluie et qu'il a décidé de rester à couvert encore? Après tout il a choisi Juin, les journées infinies et douces.
    Bises et donne nous vite des nouvelles.

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et parce que c'est parfois frustrant de ne pas pouvoir s'en dire plus: tinoftea@gmail.com