Vraiment ça ne me paraissait pas faisable, cette journée. Rien n'avait commencé mais les yeux me piquaient déjà. Il faisait semblant de faire un peu jour quand Odilon m'avait réveillée, mais les oiseaux ne chantaient même pas encore. Lui les joues chaudes, une fois collé à nous, s'était rendormi tout de suite mais pas moi. Et ce bilan compliqué à rédiger avait surgi, et la journée à me balader entre deux centres, pour du travail chouette c'est vrai, mais rien qui ne me laisserait fermer les yeux. C'est vrai qu'un bain un matin de travail ça avait un peu un goût de fête, et une jupe qui fait jaillir des oh la belle maman

La veille c'était l'ail des ours qui m'avait tenue éveillée, ce grand cabas plein qui n'avait jamais l'air de se vider. Les pots de pesto ont pris un tiroir entier du congélateur, et les petits pochons d'ail prêt à se transformer en soupe, tarte ou risotto s'amoncelaient juste en dessous. Un peu plus rapide à préparer et encore... Comme Caroline Ingalls et son maïs! Les livres qui se baladent, de ma prof de yoga à sa maman, et même lui sur le canapé. Plus que deux tomes alors je fais durer, les histoires de récolte et de couture, les tout petits évènements qui ne perdront jamais leur goût. Autour des pâtes au pesto, évidemment, on raconte que demain c'est dimanche. Pas de travail pour maman! Alors qu'est-ce qu'on fera? La fête! dit Pépin. D'accord, la fête avec des gaufres, quelques rangs de plus au potager, peut-être un peu de peinture ou de pâte à sel? Nidifier un peu la maison, il faut bien dire que c'est un peu le bazar. 

J'ai enlevé le réveil de la chambre, et la lumière était un peu mystérieuse quand Odilon m'a réveillée. Ça aurait pu être la nuit, mais non c'était l'aube. C'était un peu moins déprimant, parce que je n'allais pas me rendormir. Je pensais à mes semis et aux branches à traiter, j'hésitais entre crêpes et pancakes, et le bébé avait encore le hoquet. Puis me lever, c'était rattraper quelques podcasts et avancer le châle... il y aurait bien la liberté d'une sieste quelque part dans la journée. J'ai mis les seaux dans le jardin, le vert des arbres disait bien qu'il allait pleuvoir. Mes courges toutes fraîchement plantées et les limaces...De la fenêtre j'ai vu qu'elles avaient encore leurs feuilles, tant mieux. On passe la journée au lit tous les trois, pendant qu'il avance sur le dernier gros chantier de la maison, la chambre des copains. Je termine le 5ème tome de ma Laura Ingalls et le Fred Vargas qu'on m'a prêté, un petit tour dans mon livre de yoga de l'accouchement, tiens j'avais complètement oublié cette histoire de soleil qui tourne à chaque contraction, qui m'a pourtant accompagnée pendant toute la naissance de Pépin. On me grimpe dessus avec des camions pendant ce temps là, ils inventent des histoires dans lesquelles Odilon est un lion ou un boucher, caressent le bébé, enfin vraiment toutes ces heures koala-esques sont succulentes. On aurait envie de fêter autant de plaisir, c'est comme la petite cuillerée de gelée de groseille sur le morceau de pain au chocolat, beaucoup trop près du repas pour que ce soit raisonnable mais tellement bonne. Bientôt ça sentira l'estragon ici, et les joues sont rouges car le feu que j'ai réclamé n'était pas si nécessaire... 

3 commentaires:

  1. Il va quand même falloir que j'aille voir ce qu'est ce fameux ail des ours dont on entend parler depuis quelques années. Je me souviens de délicieuses salades de pissenlits cueillis dans les champs, de champignons aussi. Mais pas d'ail des ours.

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  2. A propos de koalas, j'aime bien tes "heures koala-esques".
    J'appelle ma petite-fille, mon "bébé koala", tant elle me fait penser à un koala dès qu'elle est dans les bras de sa maman et qu'elle se love tout contre elle.

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  3. Oh la bonne glace au chocolat!!!
    et les moments koalaesques , les meilleurs.
    Bises à toi et toute ta si jolie famille.

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et parce que c'est parfois frustrant de ne pas pouvoir s'en dire plus: tinoftea@gmail.com