Retour d'une journée comme celles pour lesquelles j'avais signé, en inventant cette vie à l'emploi du temps léger sur le papier il y a quelques mois. Retrouvailles dans le centre qui m'accueille chaque semaine après 3 mardis sautés, les jeunes tout beaux, la nouvelle éduc était coiffeuse avant! et de la brioche en salle de pause. Séances à plusieurs, parce que tout le monde était bien luné et qu'il fallait profiter de cette belle énergie, petit luxe de ces matinées-liberté. Pour la première fois je n'avais pas à déguerpir sur les chapeaux de roues et pour rentrer j'ai pris la route sans lignes droites avec ses vues de vacances. Je me sentais comme une enfant sur la banquette arrière, pensées qui se demandent quelle vie ont les gens qui vivent là, images de pommiers et de mirabelliers en fleurs, plaques jaunes des touristes qui reviennent dans leurs maisons de vacances au printemps, les chevaux et les virages nonchalants. 

Je me demandais si une idée de déjeuner aurait émergé avant que j'arrive, mais les occupations étaient plus sérieuses, gros bricolage et jeux avec des pots et du poivre (?!). Tout était ouvert et on a mangé les courgettes crues. Le midi délicieux, qui ne demande pas qu'on énonce les plans de l'après-midi car quoi qu'il arriverait ce serait bien. Avancer dans n'importe laquelle de ces petites pichenettes qui nous pique la vue, des plinthes, des histoires de barres de seuil ou de luminaires extérieurs. Ce qui fait faire de si bons aaaah une fois que c'est fait. Il me fabrique ce banc sous l'escalier dont j'avais tellement envie, en tête depuis toujours cette vue de bande d'enfants alignés en train de mettre leurs bottes en vue d'une promenade dans les flaques d'eau, la vie qui nous amène tout pile là où l'on devrait être. 

Moi et les enfants au jardin, remplir encore plus de godets et terminer enfin les semis, en leur racontant les feuilles puis les fleurs et enfin les assiettes, quel goût ça aurait, peut être. Comme l'été dernier, vous vous souvenez? Il faudra agrandir de beaucoup le potager pour que tout ait une place et si tout fonctionne ce sera vraiment Byzance. Nos joues étaient rouges et la tête m'a un peu tourné, on a décidé d'une pause eau-qui-pique et pommes en quartiers tous les trois. On a raconté des histoires d'Odilon qui tomberait dans le compost, ponctuées de grands noooooon! et gloussements ad hoc. Ragaillardis on a pu semer la camomille et les "épinards fraises" (curiosité très piquée!). Après ça aurait pu être agréable de s'asseoir mais ça l'était encore plus de sentir ce corps retrouver les mouvements qui ont du sens après un hiver un peu cotonneux. On a mis les clématites en terre, la rose sous la tonnelle et la blanche contre le grillage. On a imaginé le bassin entre les pivoines, grand saut vers la vraie vie pour les poissons rouges, ce week-end peut-être!

Première tonte dans la foulée, on a estimé que ça n'était pas raisonnable que ça reste mon domaine exclusif. J'avais fait un peu de place entre les rosiers et les myrtilles, en le surveillant un peu du coin de l'oeil. Je viens de planter des choses là bas tu sais! C'était un peu pénible d'avoir à penser à ce qu'on mangerait, j'ai lancé du riz complet sans trop savoir ce que j'en ferai, puis finalement il y a eu des épinards et du gorgonzola avec. C'était bien d'être assis, fourbus et ensemble, de toute façon. Un goût de soirs qui traînent un peu quand les après-midis débordent plus que de raison. On n'a pas sauté l'histoire, parce que ça ce serait grave, malgré les grandes envies de bain et de canapé. Il n'a fallu remonter qu'une fois pour un rab de baiser. Dans le bain j'ai fermé les yeux, repue de vie et vibrante de fatigue. 

Ces temps qui auront longtemps le goût d'une liberté un peu coupable, comme les journées qu'on chipe enfants, quand un rhume ou un mal de ventre transforme une journée en surprise douillette, pyjama toute la journée et bol de raisins secs allongé sur le tapis du salon... 

3 commentaires:

  1. Entièrement d'accord pour la tonte. "On" a complètement raison. Pour le moment, la future maman que tu es a d'autres priorités. Prends bien soin de toi et de Bébé.
    Quant à l'histoire du soir, chez nous aussi c'était sacré.

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  2. Comme c'est mignon ces images de bonheur bucolique...comme des tableaux de Monet

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et parce que c'est parfois frustrant de ne pas pouvoir s'en dire plus: tinoftea@gmail.com