#20 & 21






La vie exactement comme elle l'est, l'impression d'un moulin qui tour après tour brasserait la même lumineuse joie. Le (petit ou pas) matin, j'ouvre les volets pendant que l'eau bout. Les oiseaux me regardent, j'imagine un silencieux bonjour entre nous. On se connaît, maintenant. Ceux des matins travaillés sont gris, et ceux des matins de liberté sont plutôt marron, quand les plus matinaux leur ont laissé la place. J'ouvre au chien, et pieds nus je sens si le soleil s'annonce déjà ou si l'air est encore plein de nuit et plus frais. Un oeil distrait aux fleur et aux fraises plus loin, mais ça n'est pas encore le temps du jardin. Peu à peu les têtes bouclées ou plus chiffonnées me rejoignant. Je fais des tartines qui sont souvent oubliées, les mains sont trop vite occupées. Juste le temps d'en lécher de chocolat, et j'entends de loin des négociations pour avoir l'arrosoir ou la trottinette. c'est à la 2ème théière que je prépare mes tartines à moi. J'aurai envie d'y mettre de la gelée de citron. 

Plus vraiment en pyjama, officiellement, je file au jardin. Je me suis fabriqué un short, avec un vieux jean des jours (plus) dodus. Comme dans Beverly Hills, ou un truc comme ça non? Si j'arrive à temps je peux y travailler sans que le soleil me fasse trop tourner la tête, alors je retourne, je trie les cailloux, je guette ce qui pousse, je guette à quoi s'affairent les vers de terre, je guette etc. On essaie de ne pas trop oublier l'heure, les jours où l'on mangerait à 15h reviennent vite et l'on se sent un peu parents bancals quand c'est le cas! Va pour les saucisses, j'adore cette odeur de kermesse. Je coupe de la menthe pour rajouter au saladier de pastèque. J'ai encore le temps de terminer ma rangée?   On goûtera le gâteau au goûter plutôt. Une sieste ou pas vraiment, en haut, et sur le canapé je retrouve les lettres de F.Mitterand à Anne Pingeot. Oh écoute cette phrase! Et toutes les autres, qui font  que quand on vient toquer à la fenêtre c'est un peu dur de glisser le marque-pages. Ça tombe bien, c'est l'heure du Victoria. Sans thé ce serait au dessus de mes forces, même si c'est un peu blasphématoire. 

Encore un peu, pour présenter les nouveaux plants. Pépin tu arroses les tomates? Tout le monde me regarde depuis le banc branlant, le long de la vigne. Encore un peu, il faut faire de la place pour le plant de pastèque. Je prends des photos du cabinet pour les amies, pendant que la lumière est belle. Plus tard dans la casserole du fondant de fenouil à la tomate, et les pâtes petits papillons. Nous non, avant il y a les temps cadeaux, le temps de l'arrosage, la récolte du soir (2 fraises!), les groseilles bientôt. Je suis bouche bée, et peut-être que ça durera toute la vie, mais ce sont toujours des sourires en plus de pris. Plus tard, encore, ferme les fenêtres, les chauve-souris! Je me dis qu'il y aura toujours des feuilles de menthe hachées dans ma pastèque maintenant. J'aurais envie de mailles mais elles sont ce soir en concurrence avec les mots, c'est dur!

8 commentaires:

  1. Super! Moi avec la pastèque et la menthe j'ajoute un peu de miel et de vinaigre balsamique...délicieux!

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    1. Oh merci pour l'inspiration! Je goûte ça très vite j'espère...

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  2. Ah la concurrence entre les mailles et les mots je connais !
    Qu'est ce que j'aime te lire Clémence ...
    je crois que je trouve ça apaisant ! Alors je le garde tes lignes pour les moments de calme ...ceux du soir lorsqu'ils sont couchés ou le matin devant mon the fumant ...

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    1. C'est marrant en formation on m'a dit que j'avais une voix apaisante. Je n'aurai pas mis ce mot là sur moi du coup ton commentaire me fait sourire. Heureuse de partager un thé avec toi!!

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  3. Moi je lis et me dit encore et encore que je veux cette vie là, douce et sereine, cette vie qui aurait des accents de notes à l'unisson...

    lolabelle

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  4. Tes mots... tes mots... Merci de les avoir préférés aux mailles ce soir-là !

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  5. Parfait! Chez nous aussi, les déjeûners à l'heure du goûter ont le goût délicieux de la petite culpabilité des "hors du temps"! Quelle saveur, quel cadeau!

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et parce que c'est parfois frustrant de ne pas pouvoir s'en dire plus: tinoftea@gmail.com