#18


Le samedi c'est le jour des papas au travail. Ils sont en short ou en jean qui disent que leur semaine est terminée. Ils font comme ci mais eux aussi sont bavards, après quelques rendez-vous intimidés ou pas très concernés. Ils me racontent les missions à Mayotte, la sciatique de leur maman et parfois leur crainte d'être peut-être trop sévère? C'est que moi j'ai pas de patience aussi. Je vois que ces couples du samedi, enfant unique et père aux commandes pour un tout petit temps. C'est savouré de toutes parts, les bisous d'encouragements avant, travaille bien fils, et ceux d'après pour dire c'est bien!. J'adore être celle qui partage ça, et cette petite place du village qu'est la salle d'attente. Le samedi tout le monde a le temps pour rester un peu plus longtemps, les conversations entre les portes n'ont pas besoin de points de suspension et les larmes n'ont pas à être effacées en vitesse. Le petit train de la caisse à jouets n'est jamais aussi grand que le samedi, et de patient en patient il s'étoffe de nouveaux ponts et de nouveaux virages. Tu le ranges pas hein?

Lectures et échanges modifient les mots petits à petits, les phrases négatives -envers soi ou les autres- se font plus rares et sonnent plus pointues, insupportables. Ce qui m'agaçait m'émeut, et je regarde les choses avec des yeux de coéquipière plus que concurrente. Des envies sororales, mot qui semblait interdit à la fille unique que je suis. Une histoire d'empathie qui continue de tisser sa toile, bien moelleuse. Aux gens qui piquent encore beaucoup (ah les artisans-coquins, ah l'ex psychopathe...) on me suggère des "untel je te pardonne et je te libère" et penser que ces gens partent, un peu émiettés (dans la galaxie? Peut-être bien c'est un peu new âge!). Mais pendant un trajet en voiture je pense malgré tout à me dire que qu'il faut que je regarde la date de prescription pour porter plainte (préjudice moral? violences?). Pas encore tout à fait émiettés, quoi! 

La femme de mon père vient passer quelques jours. Comme d'habitude, les petites joies des visites. Préparer les menus sur le canapé, avec un livre de cuisine. Choisi au hasard cette fois-ci -entre 1 et 12 tu dis quoi? 12!-, c'est tombé sur celui du Pain Quotidien, bonne pioche! Je fais la pâte à cookies en avance, la soupe aussi, pour leur en servir un bol hier soir, mais le succès est plutôt mitigé. Les pâtes alphabet n'y font rien, et c'est de ces soirs où tout le monde (de moins de 18 ans) a envie d'être un farfadet un peu mal intentionné. On oscille entre bon sang de bois mais non! et je crois que tu as envie de d'être coquin, est-ce que tu as les yeux qui piquent d'être fatigué? Mi-parents, mi-c'est bientôt de la roulée sur le canapé avec un sourire et un pfiouuu sacrés petits mulots! La vie cubes à plein de faces!

2 commentaires:

  1. Pffiou, c'est de la belle littérature, tu me donnes envie d'écrire à nouveau.
    Bisous du far ouest.

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  2. Mon truc à moi c'est de visualiser une photo (type identité , en noir et blanc) des fâcheux , un gros feutre noir , et de barbouiller le temps qu'il faut la photo jusqu'à ce qu'elle disparaisse complètement sous l'encre.....
    Je fais ça depuis l'adolescence et pour moi ça marche impec

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et parce que c'est parfois frustrant de ne pas pouvoir s'en dire plus: tinoftea@gmail.com