La moitié des fraisiers a été plantée, puis la pluie nous a empêché de remettre un pied dehors pendant quelques jours. J'ai quémandé des feux et regardé d'un oeil qui réclamait la suite ma rhubarbe en pot. On y a plongé des chamallows, si bons qu'on remarquait à peine que ça nous brûlait les doigts. Quand je suis retournée à mes plantations ça s'est transformé en immense partie de déracinage, pour dire au revoir à ces buis. J'ai pensé aux gens qui avaient planté ça, il y a très très longtemps au vue de la taille des racines, et je leur ai dit pardon tout bas. Après quelques heures d'effort de la rhubarbe s'est installée à la place des branches pas très chaleureuses, nos mains sentaient déjà la compote et les tartes. 

Un dimanche des petites filles viennent à la maison et ce petit monde explose d'aborabilité. Ils prononcent des mots qu'on voudrait tous inscrire dans un cahier pour ne pas oublier. Mais la joie qu'ils procurent à l'instant où ils sont prononcés pourrait s'avérer suffisante, et même si on les oubliera peut-être ils nous feront longtemps l'effet d'un léger souffle moelleux sur la nuque. Avec les parents on festoie comme un dimanche, on se raconte les soirées de folie couchés à 21h. Grâce à la mandoline le fenouil du gratin d'aubergines est tout confit, et le houmous aux carottes rôties fait vite disparaître le pain d'épeautre. Les cookies, à la carotte eux aussi, et au sirop d'érable, disparaissent peu à peu dans l'après-midi et même celle qui dit ne pas aimer les carottes en attrape de ses petites mains. 

Un soir il faut en vitesse faire des gâteaux pour dire au revoir aux messieurs qui transforment la maison d'à côté-futur bureau. Moelleux et épicés, il ne font pas trop Noël? L'après midi j'ai eu une heure de pure oisiveté, alors que ma voiture subissait le contrôle technique qui aurait du être fait il y a quelques mois déjà. Dans cette toute petite ville de l'autre côté de la colline j'ai de toutes petites habitudes... les oeufs qu'une ferme tout près dépose chez la buraliste, 24 s'il vous plaît, les colis chez le cordonnier qui fait un peu café du coin et dont j'aime l'odeur. Avec des magazines que je n'ai pas lus depuis mille ans dans le panier je m'installe dans le salon de thé près du rond-point, pas si vide qu'on pourrait l'imaginer. Un earl grey s'il vous plaît. Sur la soucoupe on loge un macaron au chocolat blanc, que j'hésite à manger pour le ramener à la maison pour les enfants... et puis non. En payant j'ajoute deux sucettes au chocolat en forme de lapin qui auront beaucoup de succès. 

2 commentaires:

  1. tout se mêle et s'enmêle et ça sent bon ces mots......

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  2. J'aime beaucoup tes photos .
    Il va falloir que j'aille voir ce qu'est un houmous aux carottes rôties . Ca doit être délicieux .

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et parce que c'est parfois frustrant de ne pas pouvoir s'en dire plus: tinoftea@gmail.com