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Jeux pyjamatés et barbouillés

Il y a cette petite gélule anti-stress à côté de ma moitié de croissant à la confiture de fraise. Le thé est aux amandes, et la manche du pull avance alors qu'à la radio on parle des candidats et que j'oscille entre rires et frissons dans le dos. Avec François on parle de cette habituation aux mensonges qui nous guette, et on est triste, parfois en colère, de plus en plus d'ailleurs. C'était la pire nuit depuis longtemps, Odilon et ses pleurs de nouveau-né, qui se calme en se laissant fondre dans les bras... ils me chauffent vite sous le poids de ce poupon alors que cette guimauve s'affaisse dans mon cou. Je ris en imaginant la scène, ce grand-gros bébé qui doit me dépasser de partout. Le reposer le plus doucement possible me rappelle de tout proches souvenirs... et les hurlements à peine après avoir touché le matelas aussi! Bref ce sont un peu les vacances, mais grâce à Odilon je me lève très tôt et profite d'un tête à tête avec le chien qui n'arrive pas très souvent. 

Les garçons sont invités à leur 1er anniversaire, on se fait mi-beaux mais c'est qu'on a nos habitudes de genoux-dans-la-boue maintenant. J'ai cuisiné une pie au cheddar et aux champignons, avec la ciboulette du rebord de la fenêtre. Pépin le timide, Odilon et son bol de chamallows... tout est à sa place. Les coups d'oeil aux autres et les approches discrètes, j'observe ça de loin, et je goûte la délicatesse de mon grand boucle d'or. Entre deux portes on parle de ce qu'on se dit de la vie, moi j'entends comme pas revendicativement, mais quand même, que je suis passée de l'autre côté. Je ne suis plus dans le circuit, en quelque sorte, je n'ai plus de questions à me poser sur "le sens" que je veux donner à ma vie, avec mon monsieur et mes enfants à la maison, mon travail petit par rapport au reste de la vie. C'est comme si on s'était offert un recul salutaire, comme si on vivait sur une montagne qui nous donnait un peu de souffle face à ce qu'on nous dit qu'est la vie. Je relirai peut-être ces mots en me disant que cette envolée lyrique est un peu ridicule, mais là entre ces deux portes, je me suis rendu compte à quel point je m'épargnais beaucoup de questions picotantes, que je n'avais pas de réponse à faire à cette amie taraudée et malmenée par la vie trop pleine (à part viens! mais je sais que ça n'est pas la solution pour tout le monde, la verdure sans voisins). 

Au yoga j'ai mon petit coin maintenant, et je retrouve la timide des cours de danse d'autrefois. C'est douillet et je suis à côté de celui qui fait tous les yeux fermés et va toujours jusqu'au bout des postures. Ça tire et ça respire jusqu'à des endroits dont je n'imaginais pas qu'ils pouvaient recevoir ces petites bulles salutaires. Vacances aux mélanges d'après-midi nouvelles copines d'ici, rencontre avec des poneys shetland qui donnent envie d'en cacher un ou deux dans le sac et de repartir avec, travauxtravaux qui salissent les chaussons mais donnent à la maison un air plus maisonnesque. Je travaille moins que prévu, mais ça ne m'émeut pas plus que ça. Les enfants mangent leurs premières pâtes aux ketchup et ça me donne plus le sourire que honte, ahah! Je lis un livre qui raconte comment avoir des poules et des ruches pendant le petit déjeuner (pancakes ricotta et sirop d'érable "robuste"). Je lui dis, bon, le miel, on va continuer quelques temps à l'acheter à côté je crois. En plus elle s'est mis à faire une tartinade mi-miel mi-noisettes concassées, ce serait bête de se priver....(hum la peureuse!). 

8 commentaires:

  1. que bella e dulce vita! !

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  2. quelle chance d'avoir le sentiment d'être sur cette montagne… de doux bisous

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  3. Oh non, elle n'est pas ridicule, cette envolée lyrique... Je vis la même chose depuis quinze mois (sans le dire aussi bien cependant), alors merci pour tes mots qui résonnent, une fois encore!

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  4. Mignons ces petits barbouillés avec les yeux plein d'étoiles. Ce "recul salutaire" est tellement riche en expérience, en apprentissage, en présence. Ça permet de profiter des petits plaisirs de la vie, des choses simples qui nous passaient sous le nez avant. Moi aussi parfois, je me sens "autre" face au rythme des gens autour de moi mais je reviens toujours à la conclusion que ce choix conscient de lenteur, de bonne bouffe, de plein air, de temps pour être ensemble est mieux pour moi...mieux pour nous. Continue.

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  5. Bonjour je voudrais t'envoyer un message personnel mais je n'ai pas vu de lien. En fait j'ai acheté un patron de gilet sur le site MINISTRIK il est très joli et pourrait te plaire c'est le gilet modèle adulte.Par contre je ne m'en sors pas avec la traduction anglaise j'avais un deal à te proposer que tu me le traduises comme cela moi je peux me le tricoter et toi tu en bénéficies aussi. Serais tu d'accord?

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    1. Bonjour, je ne sais pas si je suis "apte" à ça, et si ça n'est pas un énorme boulot si tu veux que tout soit traduit! Tu peux m'envoyer les termes ou phrases qui te posent soucis si tu veux.
      (il y a mon mail en bas du blog)

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  6. En voilà, des bouilles de fripouilles...
    Bises de l'ouest !

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  7. Les mignonnes petites canailles !

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et parce que c'est parfois frustrant de ne pas pouvoir s'en dire plus: tinoftea@gmail.com