Natures mortes du quotidien, exactement. Graines de courge à sécher, après la soupe, une fois les bébés couchés. On n'entend plus personne, c'est une sorte de vie d'un autre temps. Pour lui la cigarette moi la tisane (d'orties!). J'enlève consciencieusement les graines du centre du butternut. les tas pour le jardin, celles pour le travail et les exercices qu'on inventera avec. 

Le samedi matin un couinement me réveille 26 minutes avant l'heure officielle. Dehors c'est drôlement brumeux et c'est une vue qui ne s'était jamais montrée ici. On voit un tout petit peu le rosier jaune (et rose, la bonne surprise!) qui ne semble pas deviner que bientôt l'été sera loin. Les pétales finissent souvent dans la gamelle du chien, grâce à un petit magicien et ses potions magiques. On a la lumière en bas depuis quelques jours mais je n'ai plus l'habitude, alors comme les autres matins je tâtonne. Sur la route je suis seule et c'est presque mon moment préféré de la journée de travail. Quelquefois un cadeau, un chat qui lui aussi se croit seul au seul dans un champ ou un jardin, et les jours spéciaux un renard. Pendant ces 12 trop courts kilomètres je saute d'une pensée à une autre. Je pense à sa journée de travail à lui, j'espère que le mur de l'entrée avancera, que les bébés aimeront le potimarron au laurier qui les attendent dans le four... Penser aux recettes et aux mailles à venir me fait l'effet d'une main encourageante sur chaque épaule alors j'en use volontiers, et les feuilles mortes bien présentes maintenant m'autorisent à imaginer toutes les soupes et les gilets possible. 

Au bureau se glisse une goutte d'huile essentielle de bergamote dans l'earl grey, pléonasme au goût parfait, qui fait s'agiter les petits nez qui défilent devant moi. Le trajet du retour se fait drôlement plus vite, les bébés à l'effet de carottes qui m'attendent me font oublier de regarder le paysage. Parfois Pépin entend la voiture arriver et s'il n'est pas trop occupé (planter des vis, demander une tartine, mettre beaucoup d'eau dans un tout petit flacon...) il vient m'accueillir et me raconter sa journée. J'ai hâte qu'il me rende mes bisous, mais déjà maintenant quand on se promène main dans la main lui aussi me la caresse, ce qui pfiou est larmes-aux-yeuxant à souhait!
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3 commentaires:

  1. Ces photos sont trop belles. En ce moment, mes petits-dejs ressemblent à ça d'ailleurs : du fromage blanc, du muesli, de la banane, des raisins, des noix (et puis du miel évidemment).

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  2. Oh la jolie petite vie que voilà!

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  3. J'aime bien le dessin des graines de courges qui sèchent !

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et parce que c'est parfois frustrant de ne pas pouvoir s'en dire plus: tinoftea@gmail.com