Il y a eu un périple dans un village vraiment très joli, qui fait rêver comme la Bretagne. Pépin pointait son doigt vers les chats qui jouaient un peu à Où est Charlie. Dans l'église rien qu'à nous ce matin là le fameux retable se laissait regarder comme un conte, oh tu as vu, et là regarde! On se laissait rêver en passant devant les quelques maisons à vendre, surtout la petite aux volets bleus un peu passés, oh oui. Mais cette fois-ci c'était plutôt comme une histoire d'avant coucher, on savait que c'était pour faire comme si, comme quand je fais semblant de tomber amoureuse du plombier alors que l'âme soeur est déjà dans les parages. La maison-soeur, ça lui va bien aussi. 

Hier après-midi on était tous les 3 ensemble, pendant que François était parti à la ville. Je voulais lui offrir un avant-après qui le ferait sourire, alors je me suis hâtée de terminer le carrelage de la salle de bain, un peu embrumée devant les découpes à effectuer autour des wc... Puis les bûches qui trônaient dans le jardin, abris  temporaire de bestioles, et qui me criaient "ici c'est un chantier" à chaque fois que je passais devant. Le jardin, son deuxième buis énorme parti (je croyais aimer les buis mais ici je n'ai pas eu envie de les garder, ça griffe et ça n'est pas chaleureux) semble murmurer oui, oui, je me laisserai peut-être apprivoiser si tu prends soin de moi. Avec excitation on a installé deux gros composteurs au fond à gauche, dans cette partie du jardin qui nous sera sûrement si agréable quand on y aura mis assez de fois les pieds pour dire ah oui ici aussi c'est chez nous. Y apporter nos feuilles mortes, notre seau de restes de thé et de peaux de banane nous y aidera sûrement. 

Il est rentré avec le sourire en disant pfiou, la ville! comme un vieux routier de la campagne qu'il serait! J'étais en train de coudre dans le jardin en espérant une sieste là haut, même si les miaulements de chatons disaient un peu le contraire. Le waouh escompté a été prononcé devant le tas de bois déplacé, je lui ai raconté les petits vers rouges bizarres (mais pas si dégoûtants) et le chêne plus lourd que j'aurai pensé. On a mangé tous les 4, moi savourant en silence la communion que crée ce lieu (les bains communs, les repas, et même Pépin qui redort avec nous depuis quelques nuits d'ailleurs!). Des pâtes et des toasts au saumon, les pique-nique de guingois qui prennent un air de fête en prenant le temps d'y rajouter un peu de cumin ou de ciboulette. Tous les soirs je me dis que je vais couper quelques roses pour les mettre dans ma salle d'attente, le bocal-vase en verre est prêt dans la "cuisine" mais je pars en oubliant...C'est pas très grave d'oublier quand il y a un demain.  
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8 commentaires:

  1. Vous posez le carrelage vous-mêmes ? Chapeau !

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    1. Oh une fois qu'on a bravé la peur franchement, je trouve ça plutôt facile et plaisant!

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  2. Dernière phrase en parfaite concordance des temps!

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  3. Peut-être que tu oublies pour avoir le plaisir de te coucher en pensant "demain, j'irais couper quelques roses" c'est une si jolie façon de s'endormir !

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  4. "François était parti en ville"....j'adore....presque des Robinson ....tu as toute mon admiration,Clémence !!!Quelle vaillance vraiment , et comme Sylvie , je suis bluffée par ta dextérité avec les carreaux, moi qui ne sait planter un clou.

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  5. j'adore faire des surprises d'avant/après, et dans un chantier, c'est plutôt pas le choix qui manque :) Votre vie a l'air bien douce et pleine de jolis moments depuis ce déménagement !!!!

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  6. Moi je n'aime pas les buis, c'est trop rigide pour un jardin à la campagne (et puis ça pue aussi!)

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et parce que c'est parfois frustrant de ne pas pouvoir s'en dire plus: tinoftea@gmail.com