Ça fait combien de temps que vous êtes là? Ça ne fait pas si longtemps qu’on a ouvert les yeux sur les mésanges. Pas assez longtemps pour que nous sachions quoi faire d’une souche indomptable (mais si, vous percez un trou et vous y versez un peu de pétrole, si vraiment vous n’arrivez pas à l’enlever!). Et ainsi un jour on serait vieux ici et on aura sûrement de la tendresse pour les bancals que nous sommes, aujourd’hui. Je suis peut-être bien encore un peu bouche bée pour être vraiment efficace. Je devrai être au carrelage mais le soleil m’attire dans le jardin, et ici aussi il y a tant à faire. Je suis comme une élève terrifiée à l’idée de ne pas retenir ses déclinaisons latines, cyprès, cyclamen, rhododendron… et ça, ça fait des fleurs ou pas? Le recueil de sensations s’est tellement amplifié qu’il me manque pour l’instant les mots pour en rendre compte. Comment raconter les oiseaux et les grillons, leurs sons qui disent l’heure qu’il est? L’excitation à voir le soleil arriver chez nous, de la prairie d’en face, centimètre par centimètre, les matins?

Quand on monte à l’étage, là où on s’est tous installé pendant qu’on oeuvre en bas, ça sent le bébé chaud et à chaque fois ça me fait l’effet d’une odeur à cacher au fond d’une poche tant elle est précieuse. L’air est tamisé et surtout poussiéreux et petit à petit l’espace devient plus facile à vivre. Vider un sac d’affaires nous donne une satisfaction sûrement un peu trop enthousiaste, mais les pas de fourmis comptent aussi, ça pourrait être la devise de cette maison. 

C’est difficile de faire autre chose que de lever le nez vers le ciel (c’est un écureuil ou une feuille?) et je suis surprise d’arriver au bout de chaque journée travaillée, quand le matin mettre la clé dans la porte du bureau fait déjà l’effet d’une épreuve de force. Une courte semaine de vacances dans deux semaines, et des traits rouges à tracer sur l’agenda pour arrêter de prendre des rendez-vous au delà de ce qui sera confortable à la rentrée. Pas facile, néophyte que je suis. Cette petite semaine qui ne sera pas finalement pas en Bretagne, la raison et les yeux fatigués ont parlé un peu plus fort de l'attrait des embruns. On s'en voudra peut-être, sûrement, et quand est-ce qu'Odilon verra la mer? Mais le cadeau en échange c'est l'amie allemande d'enfance de maman qui viendra quelques jours à la maison, et la perspective que ces jours libérés pour travailler à la maison nous rapprochent de la perspective d'avoir une cuisine un-jour-bientôt. Je suis toujours un peu surprise d'imaginer que la vie ici pourra être encore mieux, à l'image d'un enfant qui découvrirait un placard à trésors jusqu'ici ignoré. 

3 commentaires:

  1. Ça a l'air très très doux, chez vous : les frimousses, le paysage, les arbres... vous allez être bien, c'est certain.

    RépondreSupprimer
  2. ça a l'air si chouette d'avoir déménagé ! bah vous avez même un étage praticable et une baignoire, le luxe :)

    RépondreSupprimer
  3. Oh toute cette verdure ! J'adore !
    Tu me donnes très envie d'aller dans l'Est !

    RépondreSupprimer

et parce que c'est parfois frustrant de ne pas pouvoir s'en dire plus: tinoftea@gmail.com