C'est une journée pleine de trous derrière mon bureau. C'est l'été, les gens sont sûrement dans leurs jardins ou à la rivière, se dégagent de l'emploi du temps quadrillé de l'année. Alors moi je me sens un peu inutile. En plus j'écoute -du coup- les épisodes des pieds sur terre sur Lydie Violet -avec qui Marie Desplechin a écrit un livre qui me mettrait sûrement les larmes aux yeux et le sourire aux joues-. Elles y parlent soin, combat, parcours de vie...Je me dis, mais c'est ces gens là que je veux aider! C'est quoi le soin confort/le soin vital? De toute façon une journée comme ça c'est auprès de mon carrelage et de mes sous-couches de peinture que je serai le plus utile. Les patients (ceux qui viennent!) me demandent c'est quand le déménagement? et pfiou ça n'a jamais été aussi bientôt. Dans 2 dodos dirait ma Camille. Qu'est-ce qu'on va faire qui ferait office de pierre blanche pour la dernière/la première soirée? Que j'ai hâte de rencontrer la nuit là bas, les bruits, les ombres, ce qui me fera sursauter, sûrement. 

Un coup de fil: Clémence, je voulais vous demander, c'est grave si on vient pas tout à l'heure? Je trouve ça plutôt mignon et je ris. Ça dépend, c'est pour faire un truc vraiment chouette à la place? Les enfants arrivent parfois à peine secs, bah oui, ils ont sorti la piscine, qu'on tient à dix dedans! Dans mon bureau il fait frais (et sombre, bouh), mais sur le thermomètre de mamie il faisait 51 degrés! J'adore ces bouts du dehors qu'ils emmènent avec eux, les séances de vacances ont un goût de carte postale.  

Après un coucher bébésque moite et bruyant, je finis mon temps avec Lydie, à la radio. Pépin est sur mes genoux, en fait. Un médecin lui conseille de l'orthophonie et je sursaute, que j'aimerais rencontrer une femme comme ça et tenter de lui faire du bien, quelque soit le moyen. Ce qui est parfaitement parfait c'est que c'est sur que ça m'arrivera, ces pépites qui se mettront (et se sont déjà mis) sur mon chemin. Ça embête Pépin que je m'intéresse à cette histoire plus qu'à ses chansons, et moi ce n'est plus l'heure où je peux donner toute mon enthousiaste attention sereinement... Je lui dis non Pépin c'est mon heure là! Dans cet appartement quasiment vide, poussiéreux à souhait. Les quelques étagères qui sont encore debout ont quelques objets pour lequel le sort n'est pas encore décidé. Que de sacs déposés en bas, accompagnés de leur post-it, à vous!, à donner, prenez-moi! L'héritage semé comme ça, pas de fantômes dans la maison-pour-la-vie, ai-je décidé.

4 commentaires:

  1. La relation d'aide m'intéresse beaucoup, est-ce tu crois qu'on aide mieux si on choisit qui on aide ?

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  2. Que c'est bon de lire vos mots doux et si bien écrits ! Ici, à Liège, on vous précède de quelques pas. Les doutes et la fatigue sont les mêmes, le déménagement a eu lieu samedi, la maison vide était poussiéreuse, les passants ont pris des objets à donner sur le trottoir, la nouvelle maison ressemble toujours plus à un chantier qu'à une maison, mais avec nos objets qui nous ressemblent, elle mue tout doucement vers ce nouveau chez nous tant attendu, pour lequel on a tant travaillé, conciliant vie professionnelle, congé (?) de maternité et adaptation à la crèche, moments chez les grands-parents, etc.

    Maintenant, on y est, les clés sont rendues de l'autre côté (ouf ! - je déteste les états des lieux de sortie), on a suspendu le rideau de douche, diné pour la première fois dehors au coucher du soleil, fait la sieste tous les 3. Bébé O. est ravi de reconnaitre ses objets, les odeurs familières et les couleurs de notre intérieur bariolé.

    Encore deux jours au milieu des caisses à moitié remplies/vides, puis premières vacances en famille, pas loin, juste histoire de s'échapper un peu, de changer d'air, pour mieux revenir et apprécier encore plus notre nouveau nid...avant la reprise du travail, pour chacun cette fois. Une belle page se tourne pour en accueillir une autre.

    Bel été à vous et bon emménagement à tous les 4. Un jour à la fois.

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  3. J'espère que tu conserves précieusement tes textes semaine après semaine pour les relire et les faire (re)lire plus tard. C'est beau comme un roman.

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  4. J'arrive après la guerre, et alors ce déménagement ?

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et parce que c'est parfois frustrant de ne pas pouvoir s'en dire plus: tinoftea@gmail.com