Ça, c'est une de nos journées d'en ce moment. Le matin dans le sac de la maison je rempile de couches et de compotes, je cale plus ou moins bien le pique-nique, quand on ne se dit pas on prend un truc à la boulangerie? (les pâtés canard-mirabelles, rha!). On fait la route à une ou deux voitures, selon ce qu'on a réussi à charger (la veille au soir). Moi j'y guette les chats, les moutons après tel ou tel lacet, les toutes petites pommes dans les vergers et les mirabelles qu'on ne devine même pas encore. Pépin pointe la maison quand on arrive, on guette la progression des mauvaises et on va vite voir "s'ils ont avancé"! On râle souvent un peu, puis on s'y met, après avoir sorti la caisse des jouets d'ici, à boire pour les bébés et le chien. On avance à pas fourmi-esque, tellement qu'on en rit plus qu'on en pleure. J'aime que le trait de cutter soit miraculeusement plaque après plaque plus assuré, que ces gestes là s'ajoutent au catalogue. Depuis hier on a des prises qui fonctionnent et la lumière à l'étage, ça nous a drôlement mis en joie... Il y a les pauses speculoos ou cigarette, heureux ou sceptiques devant ce qu'on a vissé ou fixé, les pauses câlins ou chanson, les pauses course jusqu'au fond du jardin. 

On a un voisin, assez loin, dans la maison du bout de la rue. C'est le gardien de cette grande maison et je crois qu'il a une histoire assez cabossée. Il nous a apporté de la rhubarbe la dernière fois, n'arrive pas tellement à nous dire tu, et quand ce n'est pas de la rhubarbe qu'il a sous le bras c'est son chat, pour que les bébés puissent lui faire une caresse. J'ai l'impression qu'il est content de ne plus être seul dans ce bout de forêt. Ma famille d'Ecosse est venue nous aider pour quelques jours, c'est gai et très simple d'être ensemble. Ils vont à la rivière avec les bébés pendant qu'on bricole, débroussaillent ou boivent une bière sous leurs chapeaux. C'est si important qu'ils vivent ces moments là, un peu fous, nous adoubent en quelque sorte. D'ailleurs tous les importants de notre vie y participent, viennent une journée ou plus, sont tenus au courant des petites avancées (ou des déconvenues), c'est une espèce d'énergie amoureuse qui va longtemps nous porter et qui enrobe cette maison d'une jolie glycine de la plus jolie des couleurs. 

Des vraies photos, fou! et des mots posés cahin caha alors que l'aube se lève. Tout le monde a eu trop chaud cette nuit, et à 5h après un énième réveil d'Odilon je ne me suis pas recouchée. Le temps gratuit, sans to-do-list greffée dans la main, je dois le piquer au sommeil, alors soit. Le thé est vert et dans les oreilles c'est les Pixies. Je renvoie un énième mail à cette mutuelle pour être réglée, je cherche des infos sur cette retraite complémentaire pour laquelle je me demande si ce serait une bonne idée de signer (une enveloppe sous le lit ça ne suffit pas?), je remplis la réserve de films qu'il serait gai de regarder, le soir au lit, pendant ces semaines de camping qui s'annoncent. Tout le monde dort encore, et le premier levé ce sera soit Odilon soit ce drôle de couchsurfeur serbe qui arrive de Vienne. Belinda et Colin m'avaient interdit de cuisiner mais j'ai quand même fait un cheesecake au lemon curd, et je me retiens de m'en servir une part -manger à 6h du matin c'est un peu manger au milieu de la nuit non?- en regardant des images d'escaliers colorés sur pinterest, parce que oui à un moment on en sera bien là (hein??!). 

7 commentaires:

  1. Whaaaa, c'est génial tout ce que vous avez fait!!! Quelle belle énergie et toute cette verdure parle doucement à mon petit coeur tendre :)
    Bises à tous et profitez bien de ces nouveaux savoir-faire et de ces nouvelles habitudes...

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  2. ah! ça avance !! bravo, quelle belle énergie!!....et quel beau bébé , Odilon! et dire que tu pleurais quand il tétait de manière irrégulière !!
    La maison a l'air merveilleuse ! une maison de conte de fées...
    et puis cadeau du jour , un gros plan de Flanelle ...you made my day!
    Ici,grosse chaleur et bourrelets exposés ....dure prise de conscience des kilos accumulés depuis 3 ans....faut réagir....

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  3. Des images de chantier qui rappellent bien des souvenirs... Ah cette logistique joyeuse de qui fait quoi dans la poussière pendant qu'un bébé joue au milieu, tu me donnerais presque envie de recommencer! Ou de venir vous donner un coup de main, tiens! ;)

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    1. Oh si tu es une experte des chantiers poussière-bébé tu m'intéresses! : )) Mais oui, les gais souvenirs qu'on tricote jour après jour!

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  4. Formidable, ça prend vraiment forme, on s'imagine bien mieux votre nouveau cadre de vie !
    Et les mirabelles, ça me fait rêver, c'est vraiment l'autre bout de la France (je ne parle même pas de la famille écossaise, que d'exotisme !).
    Bisous,

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  5. j'adore odilon planté au milieu du chantier avec la perceuse juste au dessus !!!!

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  6. C'est tendre cette façon de s'approprier les lieux, d'y créer les souvenirs d'avant les souvenirs, les prémisses de la vie ici & les empreintes de ceux que vous aimez. Ici quelque part, il y aura toujours un peu d'eux, c'est une bonne énergie pour les faire revenir encore et encore et encore & que cette maison soit pleine de vie. C'est très heureux à lire, ça résonne dans mon ventre, merci de ce partage !

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et parce que c'est parfois frustrant de ne pas pouvoir s'en dire plus: tinoftea@gmail.com