Ce sont toujours les mêmes photos, ici, maintenant. Ma créativité photographique -a t'elle jamais existé?- est étouffée par ces mignons qui me donnent des sourires à en avoir mal aux joues. Les voir si évidemment frères, ça vaut bien mille photos. 

Une soirée qui commence à 22h, les bébés veulent du rab, à rouler-ramper vers une bouteille de perrier qui traîne, ou à visser des boulons sur son établi. On prend volontiers ces bisous en plus, ces tatatatata ou ces cocore le doigt qui tape sur un livre. Après, avec le repas bout de pain-thé, je cherche de quoi sera composé le pique-nique de samedi. Une amie nous rejoint à la maison, au programme des cloisons à monter et du placo à couper à peu près proprement. Ça va être n'importe quoi, ces premiers temps là bas, et j'espère vraiment qu'on aura au moins un bout de salle de bain... l'angoisse monte un peu, je dois dire, tiraillée entre la hâte de ne plus faire ces 2h de route pour aller et revenir du cabinet et le désir (la nécessité??) de prendre le temps de faire les choses tranquillement pour les néophytes que nous sommes. L'agenda est un peu trop loin de celui sur lequel il fait bon de poser les yeux, écrits à la hâte en rose ou orange des numéros de téléphone, des âges et des lettres qui me disent quel bilan préparer. Livraison escaliers, cuisine, r# élec, des points d'interrogation et des coeurs par-ci, par-là, parce que ça aussi. 

Au boulot on travaille avec un roman d'ado que j'ai adoré lire (Ambrose roi du scrabble de Susin Nielsen) et d'un coup j'ai envie de lire tous les autres. Bon les ados ne partagent pas tous mon enthousiasme (et en plus Ambrose c'est même pas un prénom! bon, bon...). Sur ma table de chevet, des livres mi-travail mi pour les enfants, passionnants, mais qui ne m'offrent pas la bouffée qu'il me faudrait peut-être, pour éviter ces mâchoires plus serrées que je ne le voudrais, parfois. 

Je fais ce travail qui ressemble fort à une grosse motte de terre glaise, des nouveautés, des mouvements vers autre chose, ma présence qui se modifie. Je me sens très chanceuse. Dans un cahier je note tout ce que je pourrai bricoler, pour mettre en oeuvre les ateliers qu'on nous a transmis avec un bel enthousiasme pendant ces quelques jours à Strasbourg la semaine dernière. Des histoires de perles à transvaser, de rubans à apparier, de symboles grammaticaux à peindre, maintenant que l'argile a séché. Il y a les comptines signées aussi, qui sont si agréables à partager avec ceux pour qui les mots sortent de travers, ou parfois pas du tout. Ça n'intéresse pas beaucoup Pépin pour l'instant, mais Odilon trouve ça très drôle. 

Ici et là-bas, les bouts de moi que je sème un peu partout me font sentir à la fois plus petite et bien entière. 
EnregistrerEnregistrer

3 commentaires:

  1. Oui, ça doit être pas confortable comme situation. C'est bien en juillet que vous demenagez? Peux tu prolonger ton bail,juste pour être moins ricrac?

    RépondreSupprimer
  2. Pour le p'tit coucou, ce sera ici : meignelais@yahoo.fr
    A tout bientôt !

    RépondreSupprimer
  3. ta conscience professionnelle m'épate, mais ne serait elle pas un tout petit peu trop poussée? j'ai beaucoup d'empathie pour tes mâchoires ;) ça a l'air chouette en tout cas ce que tu as ramené de Strasbourg, ça me donne envie... et puis pour la maison, ça va aller, c'est votre maison verte, elle vous tend tellement les bras que même à moitié finie, ses câlins vous ramèneront à l'essentiel.
    Bises

    RépondreSupprimer

et parce que c'est parfois frustrant de ne pas pouvoir s'en dire plus: tinoftea@gmail.com