On fait des choses qui ressemblent à des petites aventures, et encore ça n'est que le début. Nos bébés dans les bras (ou sur le ventre, ou "dans le ventre" comme l'a dit un charmant moustachu à propos d'Odilon dans le Manduca, la maman-poule-louve-etc que je suis en était ravie) on part biffer quelques lignes du roman qu'est notre to-do-list spécial maison verte. Vous avez déjà fait ça? Nous demande le charmant monsieur qui nous rappelle que pour monter des cloisons il faut aussi des vis, et des bandes, oh et des montants aussi. Nous on avait presque toutes les bonnes mesures et on en était déjà plutôt fier. Petit à petit... l'apprenti s'aguerrit! 

Sur le canapé sous une couette, on joue au lit buissonnier. Ça a des allures de campement nomade et ça rappelle forcément les cabanes sous la table à manger, petite, les jupons de ma mère sur la tête pour jouer à la mariée. C'est bon de temps en temps de n'avoir pas à chuchoter pour se parler avant de dormir, une petite respiration dans le cododo pour faire le plein de nous aussi. On a fait passer la pilule de l'allaitement qui s'étiole (pas si douloureusement, mais avec un pincement quand même) en voyant le verre à moitié plein: mais tu as le droit de boire un gin alors! 28 mois sans un verre, ça ne m'avait pas manqué, mais c'était gai quand même de se dire bon je suis à nouveau presque complètement à moi, un verre-rose-aux-jouant à la main. 

Une après-midi idyllique, à n'en croire pas nos yeux et nos oreilles que ce sera comme ça, pour toujours si on le veut, très très bientôt. On était venu étrenner la tondeuse et finalement on n'a pas osé couvrir le bruit des oiseaux. J'ai quand même joué ma Edward aux mains d'argent avec mes cisailles, ça ça se coupe tu crois? Marché dans quelques orties (en nu-pieds, sinon c'est pas drôle!). 
Le pique-nique s'est fait tout au fond du jardin, sous les arbres, là où je me suis rendu-compte que je n'avais jamais mis les pieds! Chez moi mais pas tout à fait, encore. On s'est dit tu crois que ça pourrait durer toujours ce sentiment d'être en vacances? Peut-être qu'il s'évaporera au bout au bout des 80 mètres carrés de carrelage qui nous attendent très bientôt. Mais sûrement qu'à coup de tarte aux fraises (et au gingembre!) et de courgettes et à l'estragon sous tel ou tel arbre, de fesses de bébés à l'air sur un plaid dans l'herbe ou de cueillette de pivoines on le ranimera aisément... 

7 commentaires:

  1. c'est doux par ici et ça me donne le courage de retrousser mes manches pour essayer de me composer une petite vie un peu comme ça :-)

    lolabelle

    RépondreSupprimer
  2. Toujours aussi agréable de te lire

    RépondreSupprimer
  3. Ils sont toujours aussi jolis, tes projets au grand air... Et "dans le ventre", je note, c'est charmant ;) (ici c'est Ergobaby, mais ça marche aussi!) J'espère que le pincement-allaitement va s'atténuer, c'est un drôle de cap je trouve... mais à toi le rosé des beaux jours qui reviennent! Pour répondre à ton message chez moi, ouh là là que c'est compliqué cette histoire d'endormissement - je te raconte par mail très vite. D'ici là, prends soin de toi, de vous!

    RépondreSupprimer
  4. 17 ans que j'habite dans ma maison (ce mois-ci tiens justement) et, j'ai encore souvent ce sentiment d'être en vacances, mais je t'avoue pas tous les jours du quotidien et d'entretien, mais les jours plus calmes qui me laissent le temps de me promener dans le jardin ou de regarder par mes grandes fenêtres, oh oui, j'y suis si bien!

    RépondreSupprimer
  5. Je confirme ce sentiment d'être en vacances peut perdurer,
    et pour peu que vienne s'y ajouter une grande sérénité, alors on se dit qu'on tient la vie, la vraie, entre nos mains.
    Je ne vous souhaite pas moins, mais plus encore (si c'est possible..),

    Caroline

    RépondreSupprimer
  6. L'autre jour, je suis rentrée du travail, il ventait fort. J'ai balancé mon sac par terre, je me suis fait une tasse de thé brûlant et je me suis encapuchonnée pour aller m'asseoir sur la place qui surplombe les montagnes. J'y suis restée jusqu'à la dernière goutte de ma tasse et en rentrant à la maison, j'ai pensé qu'il fallait vite vite profiter de tout ça, comme si un jour on pourrait m'enlever ce panorama, comme si je n'avais pas tout à fait gagné le droit de vivre ici...

    RépondreSupprimer

et parce que c'est parfois frustrant de ne pas pouvoir s'en dire plus: tinoftea@gmail.com