Il y avait la page créer un article ouverte depuis un moment. Entre celle de Ravelry pour rêver un peu et des pages de tutos pour manipuler mon logiciel de télétransmission. En vrac je savais ce qu'il fallait graver, vite, avant l'oubli. La toute première patiente et les larmes, les siennes et les miennes. Les arbres même plus bruns ou marron mais bien OR sur le chemin de la maison hier. Les nuits toujours plus collés avec Odilon, à ne plus savoir qui de nous deux respire ou quel coeur bat. Je ne sais pas si je dirai tout ça bien, il y a toute une liste de chose à faire qui emmènerait bien mes doigts loin d'ici. 

La maison et le rangement qu'elle exige, je ne vois plus les choses qu'en quantité de sacs qui iront dans la poubelle. Je ne suis pas très slogan mais je suis volontiers la page de Becoming Minimalist et ses mantras me parlent, notamment: when you are overwhelmed, tired or stressed, the solution is almost always.... less. Get rid of something, lots of somethings. Alors disparaissent des boîtes de médicaments de ma mère, qui ont on ne sait comment survécu à plusieurs déménagements. Ça y est, je suis d'accord pour la penser avec d'autres symboles que ceux là. Disparaissent des mots d'amour qui sont plutôt des coups de poing, des déclarations auto-centrées, sans fidélité. Les mots qui disent que je suis comme ci ou comme ça, pour me dire quelques mois plus tard qu'en fait non, je suis si décevante. Ouch! 

Les bébés dorment et dans cette petite fenêtre où le coeur et le corps peuvent s'apaiser je suis perdue devant les priorités. Comment hiérarchiser quand tout est urgent. Le tisane d'abord, peut-être une fournée de cookies, mais après il faudra bien que je commence à rédiger les compte-rendus (maintenant que je suis en libéral ce mot devrait apparaître assez souvent!), que j'envoie les plans de la maison à cet énième interlocuteur pour un poêle qui ferait l'affaire, enfin. Mon châle avance, je ne sais même pas trop comment. On s'assied souvent dessus, on en défait quelques mailles, alors il sera peut-être un peu cahotant... Ce sera le symbole de ce bout de vie à cent à l'heure et ça m'ira comme ça. 

Avec une amie à une intervention de Serge Tisseron. Odilon est dans mes bras et apprécie le tableau d'éveil que forment tous les gens autour de nous. On me dit le papa avait peur de ne pas assumer? (Sous entendu tout seul à la maison) Et en retour j'assume de n'avoir pas envie d'être loin de lui une minute de plus que le travail l'exige. Chez la nounou il tête sans fin (faim?) et moi j'ai peur pour notre allaitement si précieux. Je fenouillise, j'accepte la cadence de tétées d'un nouveau-né, je lui chuchote qu'il m'a tant manqué moi aussi, même si je suis une meilleure maman si je peux aider les autres, aussi. J'espère que je ramène des morceaux de ces rencontres à la maison, avec pudeur et empathie. Cette dame au masque sur la figure, si rigide, qui a muselé son corps que jamais une larme n'en sorte. Je lui dis, c'est vrai quand on commence à pleurer, on n'est jamais sur que ça s'arrêtera un jour. Mais du coup elle ne peut plus parler non... Ce garçon et sa maman, qui ont peur que je juge leur relation pas fusionnelle, mais proches quoi, collés on pourrait dire. Et je souris, professionnellement, maman-ellement aussi... Je leur propose de me faire une petite place dans leur duo, une pincée de dehors dans leur danse, à dose homéopathique. Le temps de se faire un langage à soi. 

7 commentaires:

  1. Ouh là là, à fleur de peau tout ça, vous-même, vos patients, votre entourage, même le tricot en cours semble vibrer de tous ses fils.
    Bravo, c'est très vivant tout cela.
    A vous lire,

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  2. Mais que j'aime tes mots. Une vraie bouffée d'émotion, et tu nous pousse à être nous même !! si si !!!

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  3. Ah oui, je confirme, se désencombrer, ça fait un bien fou, la vie prend d'autres sens, le passé réapparait sous d'autres formes, parfois moins douloureuses..
    Vos mots, un peu décousus aujourd'hui mais toujours aussi beaux et tellement profonds.
    Portez-vous bien,

    Caroline

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  4. C'est important de s'alléger un peu, parfois. Chez moi, ce sont les livres qui ont du mal à quitter les étagères !

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  5. oh, oh que c'est émouvant tout ça, tout ça...

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et parce que c'est parfois frustrant de ne pas pouvoir s'en dire plus: tinoftea@gmail.com