Lundi sur les chapeaux de roues, petit entraînement pour la reprise du travail (dans un petit mois maintenant!). Les petites étapes obligatoires, les baisers, ne faire tomber personne dans les escaliers... Chez la nounou je reprends quelques forces, quelques minutes sur un coin de canapé à regarder Odilon faire connaissance dans ses bras. Grands sourires et joli chant, oh qu'il aura de la chance de profiter d'elle quelques mois, sa douceur et son accent, l'enfance si naturelle à ses côtés. Puis on reprend notre tête à tête journalier Odilon et moi, encore si collés, lui qui s'agrippe à moi (depuis le début tiens, jolie surprise qu'il est!), à mes cheveux, à mes doigts, à mes vêtements... La nuit lui qui gigote jusqu'à faire corps dans mon dos. Mais dans mes bras il n'a plus seulement le regard dans mon cou maintenant, plutôt de tous les côtés, il commence à voir comme au delà de cette île-de-nous-deux la vie est belle. 

Sur la route à la radio ça parle de logos et de stoïcisme, et je n'essaie pas vraiment de comprendre. Je suis dans la sensation pure, j'ai hâte d'entendre les bruits de la maison, le ruisseau du fond du jardin qui aura grossi, les oiseaux (mais lesquels?), mes pas sur la terrasse si brinquebalante. J'ai hâte de nourrir Odilon sur le banc qui donne sur le jardin, la pierre froide sous mes fesses et le soleil sur nos joues. Pendant le chemin nous croisons des jardins bien verts. Des chèvres toutes petites et adorables nouvellement arrivées chez un lointain voisin, qui me donnent envie de projeter ça chez nous aussi. Je ris en pensant à la sage-femme qui vendredi me conseillait de tirer mon lait à la main, c'est peut-être un bon présage pour qu'un jour des chèvres se grattent les joues contre notre noyer, et s'essayer un jour à la faisselle et au fromage de lait de chèvre. Sur cette route c'est toujours des divagations savoureuses, des aller-retour entre rêves et réalité. Le bonheur avec cette vie qui s'annonce c'est qu'aucun rêve ne semble assez fou pour être irréalisable (enfin, on verra quand Pépin demandera un éléphant pour Noël!). 

A la maison il fait froid et à force d'en parler j'ai hâte de voir les murs tomber, que ça prenne la forme d'une vraie page blanche. Avec un jeune homme pour des histoires de subventions on fait le tour de la maison, lui aussi rit devant la baignoire actuelle, vous la gardez?, et trouve la charpente drôlement jolie. On parle pompe à chaleur et prix du fioul, j'étale mes nouvelles connaissances sur le sujet, un peu maladroitement sûrement. Je n'ai plus envie de partir, il fait si bon. C'est vrai que le ruisseau fait un bruit qui ressemble au bonheur. Pendant qu'Odilon se repaît un chat roux vient voir qui sont ces intrus, ses poils brillent au soleil. Je lui dis on te chauffe la place, on s'en va bientôt! Sans François et Pépin c'est moins drôle, mais j'ai quand même peu envie de partir, je regrette de n'avoir pas pris un pique-nique. J'ai quelques amandes dans mon sac et un sachet de thé, mais la flemme de remettre l'eau en route (un peu peur de tout détraquer, oui, aussi!). On revient samedi, à 4, pique-nique et tasses fumantes il y aura alors... 

9 commentaires:

  1. Quelles couleurs magnifiques, les yeux bleus, la laine ocre et dorée, le vert tout autour la belle lumière... C'est doux pour entourer ce début de semaine affairé !

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  2. Quel beau rêve vous allez réaliser, que j'imagine les enfants être heureux dans ce jardin;)

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  3. J'imagine tellement cette rivière, dans laquelle vous tremperez les pieds et ferez voguer vers la mer tant de bateaux...

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  4. Comme il est heureux ce petit garçon! Paisible, souriant, attentif.......J'ai hâte de découvrir la maison du bonheur. Je t'embrasse.

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  5. Oh la la, ces photos sont si belles! Elles me font rêver. Cette maison semble sublime, vivement que vous soyez installés pour qu'on viennent voir toutes ces nouveautés en vrai. Je t'embrasse et pense souvent à toi, vous, malgré la distance.

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  6. Oh chouette ! que cette maison a l'air belle ! par chez nous, pas de baignoire à garder, il n'y avait même pas de salle de bain...

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  7. le bleu vif de ses yeux, le vert tendre des volets, le vert pétillant de la marquise, c'est le début d'un bel arc-en-ciel chez vous.

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  8. Que j'aime te lire...:) moi, citadine, tu me réver avec ta maison pres du ruisseau, avec cette marquise magnifique ( mon rêve de jeune fille, une maison avec une marquise...). C'est tout doux chez toi et ça fait du bien.
    Delphine.

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  9. Il semble qu'Odilon l'ait déjà adoptée, cette maison !
    Elle est rose un peu, non ? Et du vert sur la marquise et les volets : on se croirait à Giverny ! Bonne semaine !

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et parce que c'est parfois frustrant de ne pas pouvoir s'en dire plus: tinoftea@gmail.com