A la radio j'entends mon père était très grand, très fort. Lui est dans un train, parti pour découvrir sa classe, puisque ça y est il a eu le droit de savoir à qui il dirait bonjour à la rentrée. On vagabonde entre les pièces, tous les trois, un peu le salon pour tricoter et pousser le mobile qui fait glingling. Un peu la salle de bain quand il s'agit d'étendre la lessive, et l'odeur d'eau de javel qui se répand partout d'un coup, et la passion de Pépin pour le tapis de bain. Moi aussi j'ai encore dans les pieds le toucher des tapis de bain que j'ai foulés petite, duveteux ou poilus. Ce recueil de souvenirs qu'il construit tous les jours et qui m'émeut toujours autant. Dans la cuisine on fait des courgettes pour notre midi puis plus tard des crêpes pour le goûter. C'est l'heure pour lui d'explorer et de chambouler le lave-vaisselle, objet magique dirait-on, Pépin en fait une espèce d'orgue de barbarie et mille bruits en sortent. Je l'accompagne avec mon fouet, et oh oui bébé tu as bien raison, voilà un beau prétexte pour s'applaudir! Pour finir la journée c'est Agnès Varda qui nous tient compagnie, mon bébé cerné et moi. Cernée aussi, tiens, mauvaise nuit après mauvaise nuit, et tous les deux sans aucune envie de faire la sieste. Le chien est propre, la cuisine aussi, le message au sujet du four cassé envoyé, et l'amende des vacances payée. 

On traîne dans le bain, on fait un bout de vaisselle, mais non ce soir c'est à deux le coucher, ça ne devient plus très raisonnable d'attendre le retour de François-papa. Bien sûr qu'il te fera un baiser en rentrant, ira voir dans quelle adorable position tu es, guetter ton petit ronflement comme on ne se lasse pas de faire, soir après soir, nuit après nuit. Quand il rentre enfin quelques lumières sont déjà allumées. Des CE1! Et sur le balcon pendant sa cigarette il me raconte les petits et les grands, ce qui se dessine pour cette année. Les couleurs et la musique me semblent bien jolies, à chanter à tue-tête même.

Dernier coucou au bébé, c'est une amie qui m'accompagne, Pépin sur les genoux. Il est grand, lui aussi, à des lèvres qui racontent déjà  des bisous et des pieds de 7 cm! Mais d'où viennent donc ces gènes de géant qui semblent se promener en nous...? Ce que je prenais pour une ronde paire de fesses logée sous mes côtes est en fait une petite tête toute ronde, on va donc lui murmurer des mots doux pour lui donner envie de se tourner un peu plus dans le sens de la sortie... Mais tu as encore un peu de temps, l'impatience n'est pas encore de mise, couver c'est déjà t'aimer. 

8 commentaires:

  1. Un joli quotidien joliment raconté... Belle journée à vous !

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  2. On ressent le calme, la plénitude à la lecture de ce joli texte.

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  3. C'est bien d'avoir de vos nouvelles, comme ça. Baisers de Bruxelles.

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  4. Mais c'est le livre de Phobe Wahl!!! où l'as-tu trouvé? j'ai découvert son travail grâce à ton blog, décidément quel plaisir de se promener par ici...!

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    1. Oui, je l'ai reçu avec un grand grand plaisir, et Pépin a semblé apprécié les quelques fois où on l'a raconté depuis! Je l'ai commandé chez Amazon (même si je crois que ça ne fait pas très chic d'écrire ça de nos jours!!)

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  5. mm quel plaisir de te lire... et ce bébé la tête en haut, quel coquin va !

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  6. Il a la tête en haut pour écouter ton coeur ;) (et il a un peu raison quand même)

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  7. Oh! Oui, quel plaisir de te lire ! Comme c'est doux, on court le cœur gaie sur ces lignes, on les dévore et on les savoure à la fois et ça du bien ! Et ce si beau petit garçon aux yeux bleus qui a tellement grandi, je n'en reviens pas !
    Oh! et ce livre "Sonya's Chickens" comme il a l'air beau !!! Décidément tout me plaît ici !

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et parce que c'est parfois frustrant de ne pas pouvoir s'en dire plus: tinoftea@gmail.com