Presque midi c'était certainement l'heure d'un peu de baguette avec du fromage. Je suis la seule à avoir faim dans ces eaux là, et c'est souvent la sieste du matin de Pépin, alors sur le balcon l'assiette sur les genoux je suis seule. J'ai encore dans la tête le souvenir poisseux du livre d'hier soir, Mygale de Thierry Jonquet, une histoire qui donne envie de frotter très fort sous la douche pour l'oublier ou la mettre un peu à distance, au moins. Je suis bien plus commissaire Rovère. Flanelle me rejoint et se met à manger goulûment le romarin qui prend le soleil, je crois que quelqu'un aurait besoin d'une promenade à la campagne et de quelques brassées d'herbe pour se purger, ça m'arrangerait bien, réclamant d'aller cueillir des mûres à la maison depuis quelques jours...

Un joli ciel comme en vacances sur le chemin, et en arrivant le plaisir de découvrir le jardin complètement au soleil, à cette heure là aussi, et plein de couleurs. Les mûres ne l'étaient pas tant que ça, mais on s'est fait un copain dans les bois au bout de notre chemin, qui n'habite pas très loin. Ah oui vous êtes orthophoniste c'est ça? Les nouvelles vont vite, et j'ai déjà deux patients pour le cabinet! Il nous a raconté la dame triste de vendre la maison de son enfance et j'ai rougi. Les ruines dans les bois, qui étaient le coeur du village avant 1914, et l'église déplacée aussi. Dans la petite ville d'à côté il nous fallait voir un certain sépulcre, croiser quelques jolis chats et un magnifique golden au détour d'une arrière cour très dépaysante, toute de mosaïque vêtue. On avait des victuailles de notre nouvelle boulangerie dans le sac, celle jusqu'à laquelle on pourrait péripler le dimanche matin -sûrement même en vélo après un peu d'entraînement- et d'un magasin de thés et cafés d'où je suis sortie avec un oolong au caramel beurre salé absolument délicieux. 

Le soir le chien n'était plus que l'ombre de lui-même de tout ces pas et de toutes ces odeurs, et mon ventre était un peu plus dur qu'on ne l'aurait voulu à 7 mois de grossesse. Pfiou, au lit les mamans et les bébés, quelques mots à l'intérieur pour dire au bébé que demain ce serait plus calme, promis. Il m'a remercié d'une drôle de pirouette dont il a le secret, si j'arrive au terme de cette aventure sans côte fêlée ce sera gai! Un dimanche avec du tricot pour une petite Mina fraîchement arrivée, un lapin qui donne envie d'en faire des dizaines d'autres, et des mirabelles invitées dans une pâte à tarte au programme, me plonger dans quelques comparatifs de porte-fenêtre et le plan de l'électricité, ragaillardie par notre visite de la veille. 

5 commentaires:

  1. ah les mirabelles et les mûres...
    dis à ce bébé d'attendre un peu l'automne pour venir découvrir notre monde
    c'est joli l'automne...

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  2. J'aimais beaucoup Jonquet, ses histoires restent collées à la peau et dans la gorge longtemps. J'étais triste quand il est mort dans l'indifférence en plein été il y a quelques années, ça me console de savoir qu'on le lit encore ça et là. C'est une bonne idée de lire Mygale en plein été quand les mures et les mirabelles peuvent faire du jus sucré et du soleil dans la gorge.

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  3. Oh je l'aime ce livre ... et ces mirabelles, MIAM !

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  4. 7 mois déjà !
    J'ai aussi des mirabelles qui ne demandent qu'à être sublimées.
    Allez, il faut prendre soin de toi !

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  5. Quel bonheur de découvrir son nouveau lieu de vie, les endroits que l'on connaitra ensuite par coeur... j'aime déménager juste pour ça! le bonheur de tout réapprivoiser!

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et parce que c'est parfois frustrant de ne pas pouvoir s'en dire plus: tinoftea@gmail.com