Le téléphone sous les draps, en guise de capitulation. Le bébé dehors avait trop couiné dans son sommeil, j'avais titubé jusqu'en bas, et malgré mon application ne m'était pas rendormie... Bercée par les trois respirations qui m'entouraient j'étais pourtant bien accompagnée. Je ne sais pas si j'avais tres envie de retourner dans le monde des rêves, aussi, celui où pendant cette -pourtant courte- nuit j'avais giflé une collègue ou jamais pu entrer dans la chambre d'hôpital de mon père car il ne m'entendait pas frapper... Puis ces contractions depuis quelques heures, celles qui réveillent les sensations qui seront à jamais partitionnées en moi. Non, non, il faut attendre que les feuilles tombent pour ça, que la nuit arrive plus tôt, c'est encore le temps du dedans, lui sussure-je dans la nuit. Je respire, j'amène l'air tout en bas, je lisse mon front etc... Mais non! Et puis ce n'est pas si grave, très tôt le matin le jardin est aussi si vert, si beau, je prends quelques photos. Je fige les pommes et les pois de senteurs, et toutes ces autres variétés dont je ne sais pas le nom (mais ça viendra!). 

Après ça a été la route, on a dit à l'été prochain à nos hôtes et à la mer, avec ce petit frisson de savoir qu'on fera cette fois découvrir la plage à un autre petit bonhomme, alors que Pépin ira peut-être bien dans l'eau tout seul. Les années en forme de pas de géant... La route comme j'aime avec lui, la carte retournée et inspectée sur ses genoux, avec des détours pour un petit port et une crêperie, plus loin, vous êtes bien en amoureux là! Ah mais il y a aussi un bébé! C'est un peu ça, nos têtes à têtes à trois. Après ce fut la rencontre d'une maison-cocon et de ses habitants, de ces jours avec assez de rires, de petits pieds bronzés et de quatre pattes de soie pour se sentir drôlement vivant. 

Puis la grande grande route, pour le retour, un peu piquant bien sûr, quand on quitte des gens dont on aimerait mieux qu'ils vivent au bout de la rue. À la toute fin un joli spectacle, un ciel différent dans chaque vitre, bleu, rouge, violet, pour nous dire de ne pas trop grincer des dents de rentrer. Pas de mauvaise nouvelle dans la boîte aux lettres et un mot du notaire, petite marche de plus dans les escaliers du bonheur. Pépin a retrouvé avec moult gazouillis notre chez-nous, c'était touchant, je ne sais pas, ce petit symbole que sa vie est bien ici. J'ai eu envie de risotto, le chien n'a pas quitté le balcon, et lui a fait la sieste sur le canapé... tout est à sa place! 

6 commentaires:

  1. Welcome back!
    Prends soin de toi

    RépondreSupprimer
  2. Ce jardin est magnifique ! Si jamais, contre les contractions qui arrivent trop tôt, les sages-femmes en Suisse prescrivent du Bryophyllum 50%. C'est un médicament anthroposophique, à base de plantes, commercialisé par Weleda et qui aide bien je trouve. Bon courage pour le retour !
    Isaline

    RépondreSupprimer
  3. Waouh!!!! Ce jardin!!!!!!
    Accrochons-nous à ces rêves...à portée de main... la vie est belle et bien là,
    "l'expérience d'une vie hors du temps" me le confirme chaque jour!....
    Portez-vous bien little big family ♥♥♥
    Caroline

    RépondreSupprimer
  4. Je rêve d'un tel jardin !
    Mais c'est bien aussi de rentrer chez soi.
    Bonne journée, Carole

    RépondreSupprimer

et parce que c'est parfois frustrant de ne pas pouvoir s'en dire plus: tinoftea@gmail.com