C'était forcément un soir à coquillettes au bouillon et au persil, mangées dans un bol sur le canapé les pieds sous les fesses. On ne se parlait pas beaucoup, pas par fâcherie mais seulement le temps d'atterrir, de faire glisser ces moments de vie un peu plus intenses que les autres vécus pendant ce petit périple. Puis la route, je ne sais plus bien faire sans avoir envie de m'endormir ces derniers temps. Il me chatouille les oreilles et me raconte des histoires mais il n'y a que les pas quelques instants au frais pour me réouvrir les yeux. 

Le soir même un nouveau carnet, jaune à fleurs vertes et violette, au contenu assez prosaïque. Il faut bien aussi, à côté des mots qui pourraient se transformer en chanson. De nouveaux éléments pour m'interroger sur ma viabilité, mes grincements de dents face à telle ou telle situation. Ah oui c'est la solution de facilité! Comme on a laissé tomber cette ado que j'étais, j'en suis peut-être restée là pour pas mal d'aspects. En tout cas je ne peux pas penser à elle sans éprouver un frisson de honte. Les gens qui m'ont croisé à cette époque me laissent pourtant moins tombé que ceux que j'ai rencontrés jeune adulte. Ça aurait donc empiré? Je ne suis pas sûre, c'est vrai, de gravir chaque jour une nouvelle marche vers le mieux. Les séances que j'ai passées à dire j'adore les lundis, les pages blanches. Et les nouveaux cahiers oui c'est vrai! AH la pelote emmêlée! 

Quelques nouvelles précautions pour que les cailloux ne restent pas trop dans mes chaussures pendant trop de pas, de nouveaux endroits à éviter, des échanges à sublimer, cahin caha, des histoires de deuil chevillées au corps. Sur les tartines c'est de la marmelade d'oranges, l'amertume ambrée et un goût sucré quand même. Quinze jours depuis que nous sommes ici, et pour la première fois le four est allumé. J'avais envie depuis quelques jours d'un gâteau au chocolat. Les pieds sur terre, et un bébé qui gigote dans son lit. Quand je vais lui embrasser le bout du nez il me paraît tout grand. Il dort déplié maintenant, et touche pratiquement le bout de son berceau. 

4 commentaires:

  1. Et Pépin paraitra immense à côté du futur bébé ! J'ai vu il y a quelques jours un bébé de 6 jours à côté de son frère de 2 ans, terrifiant !
    Et puis les cailloux, ce ne sont pas forcément les nôtres, et il faut les laisser au bord de la route !
    J'espère que le gâteau était bon ! Parce que allumer le four par ces chaleurs, il faut que ce soit justifié !
    Carole

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  2. Mmm un gâteau au chocolat, oui c'est ça qu'il me faudrait ... j'espère que tes jours sont doux dans ce nouveau chez toi !!!!

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  3. Ah, j'aime bien cette famille vichy, la marinière de la maman, la barboteuse du grand bébé!!! Je viens de coudre une serviette de cantine éponge orange/vichy marine pour mon futur grande section, y'a pas de hasard!!!!

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  4. Une fois encore, bouleversée à te lire.....on m'a aussi tellement laissée tomber enfant et ado....moi aussi j'ai de la peine pour celle que je fus, et un peu honte aussi de ses erreurs dues à sa solitude....
    Pépin vraiment adorable dans sa barboteuse...

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et parce que c'est parfois frustrant de ne pas pouvoir s'en dire plus: tinoftea@gmail.com