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Le petit suspense récurrent, c'est de découvrir si la pastèque sera bonne. Ça n'est arrivé qu'une fois en trois fois, il était tellement temps qu'elle a disparu dans la journée. Sur le balcon une piscine pour Pépin prend une bonne partie de la place, j'y trempe les pieds en jouant avec lui et en le regardant redevenir petit poisson. Il en sort fourbu et fripé. Le livre fil-rouge traîne sur le tabouret à côté de moi, et je goûte à nouveau les lignes volées à tout va, prenant la main à l'adolescente lectrice oui-oui j'arrive encore une page! que je fus. 

Dans un bureau bien trop saumon à mon goût j'ai paraphé des pages de diagnostics et de promesses, peut-être bien 80 en tout, et ainsi signé pour la maison au vert. Celle qui devait l'être pour les week-ends et les vacances, et qui sera en fait celle de tous les jours, parce que je n'ai pas envie d'être coupée en deux et que comme l'une de vous l'avait écrit une fois, la quitter le dimanche soir nous aurait sûrement bien trop crevé le cœur. Après, alors que le soleil semblait ne jamais vouloir disparaître, on est allé pique-niquer notre goûter sur la butte d'à cote, celle qui nous demandera un peu d'entraînement si on veut y aller à pieds voire à vélo. Je mangeais ce pain aux raisins qui me trottait dans la bouche depuis quelques jours, lui un pâté lorrain (il n'y a pas d'heure), et Pépin vaguement une compote, mais sans trop de conviction.

En taillant la menthe pour faire un taboulé qui ressemblerait plus à une salade de menthe je me demande si les solitaires se sentent seuls parfois? C'était une journée où, si ma vie me le permettait, je me serai bien réfugiée dans ma famille ou chez des amis. Je lui aurai, je pars passer le week-end chez untel, et peut-être que j'aurai eu des remords dès la porte de la voiture fermée. A la place je suis allée faire les courses, et cette micro-émancipation, aussi cynique soit-elle, m'a déjà fait du bien. J'en suis revenue avec un pot, qui trône maintenant au milieu du salon (et intéresse beaucoup le chien...). 

Au travail je me sens fatiguée d'être témoin des manques de respects qui jalonnent la journée de quiconque travaille en ces lieux... Les enfants qu'on bouscule et sur qui on hurle dès le matin, ma chef (bien qu'elle n'apparaisse pas ainsi dans l'organigramme de la maison, après quelques recherches un jour trop gris) qui surchauffe et nous harcèle... Je cherche un moyen de résister, entre les bulles des séances, mais je crois que ce qui revient souvent contrariétés après contrariétés c'est simplement que j'en ai marre. J'ai tenté de le dire, peut-être plus pour que personne ne joue les surpris le jour où... et on m'a répondu mais mets-toi à ma place enfin! Mais c'est que nous on est tout occupé à poser les pierres de nos murets, et qu'on n'a pas envie d'être sur une autre rive... 

8 commentaires:

  1. Coucou vous
    Oh mais quelle bouille et quel sourire ce poisson la ❤️Contente de vous de vous voir ( t p'us sur IG ou j ai rate un truc ??)
    L ete est la et nous en France prenez soin de vous les loulous a bientot Emma from SF

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    1. Oui j'ai déserté les réseaux de ce type! Il faut venir causer ici ou par mail : ))
      Bonnes vacances!

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  2. Je ne pense pas que les solitaires se sentent parfois seuls, non, et c'est justement pour cela qu'ils sont solitaires. Ils sont seuls mais ils ne se sentent pas seuls.

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  3. Un peu de douceur et de moiteur dans cet article. Bel été !

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  4. Qu'il a l'air bien dans sa piscine ce petit garçon !
    Je suis solitaire et c'est l'idée de ne jamais pouvoir être seule qui m'angoisse. La solitude c'est apaisant !
    Bonne journée, Carole

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  5. Oh tu arrives à dire "j'en ai marre" au boutol... moi pas encore.. mais je crois que les mêmes sentiments me traversent !

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  6. J'ai longtemps éprouvé ce "j'en ai marre"...;ça va vite d'être happé, puis écrabouillé....et puis la jungle féminine...une arène plutôt.
    De quoi donner des envies de solitudes tiens ! Aujourd'hui, c'est la solitude imposée pour moi et je donnerais cher pour ces pauses qui n'en sont pas avant de revoir les enfants...C'est bien de dire "j'en ai marre"...C'est important même. "Cessez d'être gentil, soyez vrai" dit le livre que j'ai lu il y a quelques années. ça fait du bien même si j'envoie toujours autant de signaux inconscients qui disent "Frappez moi...je suis là pour ça!" (soupir)
    Ici pas de pot encore...on a le temps.
    Pour le pâté lorrain je confirme qu'il n'y a pas d'heure...et moi la presque végétarienne, tu me fais envie là, le tout accompagné de salade menthe, je dis oui de suite !!! le pain au raisin en dessert tiens....J'ai faim là....il est 23h57, c'est grave docteur ?
    La dernière phrase me marque....Mets toi à ma place, poser les murets...en ce moment j'essaie de comprendre justement pourquoi tous ces murets, et pourquoi certains ne veulent pas voir ce qui se passe de chouette sur l'autre rive. Sujet de philo: vous avez 4 heures...pas plus. Il est mignon ce Pépin rafraîchi ;-) et ces arrondis aussi :-)

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    1. Merci pour ce partage! J'ai l'impression de paillassonner pour être gentille, et en même temps que les gens me renvoient parfois que je ne suis pas celle qu'il faut, ah, dur!

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et parce que c'est parfois frustrant de ne pas pouvoir s'en dire plus: tinoftea@gmail.com