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Ce sont des journées où je tais pas mal des remarques ou pensées qui me passent par la tête et que je partagerai d'habitude avec lui. J'ose lui demander s'il a faim, et pendant qu'on finit ce pain de salade il jette des coups d'oeil rapide sur les fiches qu'il vient de rédiger. Ce n'est pas si loin cette ferveur aux révisions, et je suis volontiers le capitaine du navire alors qu'il a besoin de s'emmurer. Dans un mois, un peu moins, ce sera différent. Ce sont des jours qu'il faut prendre un par un, décortiquer heure par heure ou presque. Si l'on pense à tout d'un coup ça pourrait faire devenir un peu fou, et l'angoisse ferait trop aisément son nid dans nos aspérités. 

Aller au restaurant le jeudi, comme une histoire qu'on se raconte sous la tente avec une lampe torche ou un matin j'ai mal au ventre alors que ça n'est pas si vrai. J'avais laissé les hommes de la maison entre eux, en pleine purée de légumes au blé, et il avait un peu fait l'enfant en me disant et moi je vais manger quoi? C'est dans une maison sans plaque qu'il a fallu sonner, et être les seules dans le salon ce soir là rajoutait l'épice qu'il fallait pour parfaire la saveur d'école buissonnière. Seules avec la chef, tout bientôt à la retraite, on a parlé nappes de grand-mère et salades gigantesques données par l'amap (qui commençaient à me faire regretter de ne pas avoir de cochon d'Inde ou de lapin), et c'est ainsi qu'a surgit la recette du pain de salade. Nous on se retenait de lécher nos assiettes sur lesquelles restait quelques gouttes de coulis de fèves, d'un vert si doux et joli que j'en aurais bien fait quelque pelotes. Dans la voiture pendant le retour on a un peu vagabondé, ça n'était pas si grave de faire quelques détours, tout n'avait peut-être pas été raconté encore.  

Il m'appelle des toilettes-fumoir pour me faire entendre une chouette, peut-être bien un peu perdue. Je n'ai aucune idée de la bande-son qui nous entourera là-bas, au vert. Le vent dans les arbres, sûrement pas le mini ruisseau de l'autre côté du chemin, ou s'il monte beaucoup? Moult oiseaux, et sûrement même quelques bêtes que je n'aurai pas envie d'imaginer tout près. Dans ma grande ambition de désencombrement on a ouvert ce matin le dernier pot de confiture qui restait sur l'étagère, des myrtilles de Bretagne qui appellent à la brioche maison. Sa croûte faisait un peu pain, je ne sais pas pourquoi, il y a toujours quelque chose qui cloche avec mes brioches, mais je persiste.

La première vraie fête des mères! J'ai repensé au poème avec des pois -déjà- violet et rose autour, resté très longtemps accroché au mur dans la chambre de mes parents. Moi j'aurai cette petite main, et je garderai dans le nez l'odeur de cette attention fleurie, savoureuse surprise du dimanche soir! Et son dîner tout près, plein de couleurs. Encore un signe de la succession de petits bonheurs que semble être la vie maintenant. 

***

Le pain de salade, un soufflé à vrai dire, pour beaucoup de copains: 

J'ai fait revenir de la salade dans du beurre avec du romarin et de la ciboulette, à côté j'ai fait une béchamel avec 1 litre de lait (et beaucoup de muscade), j'y ai ajouté la salade, un peu de comté que j'ai râpé et 5 jaunes d'oeuf. J'ai monté les 5 blancs en neige avec 2 cuillèrées à soupe d'eau (fermeté garantie) et j'ai mélangé à la salade. Après il n'y a plus qu'à regarder tout ce monde là monter au four, en se retenant d'ouvrir la porte sous peine de tout faire retomber! (Même si ça arrivera bien à un moment!). 

5 commentaires:

  1. Ce pain de salade, ça a l'air d'être dément ! Quelle idée ingénieuse.

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  2. Recette originale ! Et la première fête des mères, ça compte. Carole

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  3. tout doux Pépin, belle fête des mères à toi !

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  4. Que de bonnes nouvelles ici. Merci de savoir si bien les partager.

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  5. Il est beau ce body ! Et quel amour dedans ! Aujourd'hui j'ai acheté des bodies sans manches ... taille 18 mois. oups ! ;)

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et parce que c'est parfois frustrant de ne pas pouvoir s'en dire plus: tinoftea@gmail.com