C'était seulement une petite remarque, mais on y entendait ce qui c'était dit derrière. Une histoire qu'avec eux, ils ne les faisaient pas tourner en bourrique, parce qu'il savait qu'avec eux, ça ne marcherait pas, alors que moi... J'ai essayé, un peu, de dire que le lien de dépendance qu'exigeait ce garçon, c'était son lien à l'autre, et qu'en en étant complice je tissais notre relation, peut-être, que petit à petit ça venait. Oui mais tu comprends (est-ce qu'on voulait vraiment que je comprenne?), je ne lui rendais pas service, quand il irait dans un autre établissement, un jour... Non, non vraiment, pour le bien de tous (sauf le sien peut-être), il fallait que je lui tienne tête. Et ça m'a tracassée, tracassée, que je n'aie pas su bien dire, que je n'aurais pas pu être entendue, anyway... Et que j'allais peut-être sacrifier mes convictions personnelles-professionnelles, par docilité, quand même un peu.

Dans la même journée j'ai envoyé un mail pour monter un dossier de demande hlm puis six heures plus tard un autre à quelqu'un qui vend une maison. C'est en attendant se l'eau bouille que je me suis rendu compte du grand écart, j'ai choisi d'en rire. Les artichauts cuisaient et moi je recommençais  une couverture de naissance bis, ayant fait rétrécir comme une bleue la première...

Les matins de pain à l'épeautre et fondant d'érable. Ça n'est pas le matin pour tout le monde, j'envie de quelques heures la communauté des gens du petit matin, les froissés mais enthousiastes, les silencieux et ceux qui écoutent la radio, ceux qui fument ou ceux qui attendant quand même le premier café. Aujourd'hui on prendrait la route, il serait sceptique quelques heures plus tard, à l'idée de dormir dans cette nouvelle chambre. Je suis surprise de sentir qu'il me plait de mettre l'air d'ici au fin fond de mes poumons. C'est si banal, cette satisfaction à revenir en terre-familière, mais le simple qui dénoue les épaules, je prends. Dans nos sacs ce livre à
finir, deux tartes au sirop d'érable, et des compotes. 

Plus d'ordinateur, il faudrait faire quelque chose, on fera, on verra. On apprécie de ne pas se presser. Les aiguilles s'agiteront d'autant plus, et les mots qui sait?

2 commentaires:

  1. Ils ont de la chance de croiser ta route, ces petits garçons qui tiennent tête...

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  2. Ah les convictions des collègues... pas simple de dialoguer à propos de l'engagement personnel...

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et parce que c'est parfois frustrant de ne pas pouvoir s'en dire plus: tinoftea@gmail.com