Ne pas dormir un soir où j'ai l'occasion d'avoir une longue longue soirée, ça me donne un peu l'impression de faire l'école buissonnière. J'essaie quelques minutes, je me greffe sur son souffle lumière éteinte, les mains sur le ventre, mais non, c'est d'un petit rab de vie dont j'ai envie plutôt. Je finis ce livre que j'ai commencé en me disant qu'il faisait un peu roman d'été, avec sa galerie de personnages aux masques un peu grossier, puis finalement, l'absence de rebondissements obligatoires, ce que je prenais pour de la lenteur et qui se transforme en saveur... C'était le premier livre lu en quelques jours depuis longtemps et peut-être bien que rien que ça ça le rendait un peu festif. Le personnage principal était une sage-femme, ne nous éloignons quand même pas trop du sujet! Les descriptions de bouffées d'enfance dont il est parsemé m'ont beaucoup parlé, moi qui ressent souvent, petite bulle qui éclate m'enlevant de l'ici et maintenant, le toucher de ce papier gris ou de la moquette rose de ma chambre. 

Ce serait facile, n'empêche, de complètement se fondre dans cette empreinte de maman, de m'y repaître, d'en faire mon corps. Mais ici on le danse, plutôt. Retrouvailles, un peu de moi, retrouvailles, un peu de moi, retrouvailles, un peu de nous aussi. Un premier yaourt fut donné, j'ai trouvé que c'était un moment drôlement symbolique. Il a drôlement aimé et j'ai pris ça pour une confiance en la vie qui m'a rendu ce bébé encore plus aimable. Les petits points vers lesquels on navigue ont d'avance un charmant goût de fleur d'oranger et de sucre glace, la visite de ma famille d'Écosse, encore, des traits dans la purée à la fourchette, et des paires de chaussettes pour tous les pieds de cette famille. Il parait qu'en Russie, en offrir à un nouveau-né porte bonheur (mais sûrement que si elles sont faites maison!). Je découvre naïvement la solitude liée à ce nouveau statut, presque comme du recueillement ou un voeux de silence. 

C'est un samedi compote de pommes-combi à  l'envers. Il va falloir quelques tasses en plus pour me détacher de la folie de mes rêves (qui impliquaient des collants couleur chair, oui c'est allé jusque là!). J'espère qu'avec François nous nous dé-facherons, mais les mots, comme toujours, semblent lui barrer le passage. Mes mailles, la radio, et un peu de confiture de framboises sur du pain à la cannelle, ça ira quand même. 

5 commentaires:

  1. des couleurs, du soleil, c'est chaux, c'est doux, comme toujours par ici :-)

    lolabelle

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  2. J'espère que la fâcherie est finie!!
    Je pense deviner des choses...les rêves... Mais je me raconte tant d'histoires...
    Repose toi bien

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  3. Oh oui il faut se défacher, c'est sûr... j'adore ton portrait :)

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  4. je passe en silence chez toi
    je passe pas souvent chez moi
    voilà ce soir je suis passée et je t'ai trouvée.....
    j'espère que je te trouve apaisée.....
    je vous oublie pas ....

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  5. Faire le premier pas pour se défâcher et bien bien choisir le moment juste. Et les silences entre les mots...

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et parce que c'est parfois frustrant de ne pas pouvoir s'en dire plus: tinoftea@gmail.com