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Pépin le roi du regard en coin, du chant aigu, toujours si emmitouflé de couches de doux que je vais en faire un frileux... Mais c'est si agréable de douilletter son petit... 

D'un coup l'inquiétude, pour des choses idiotes hein, les lettres doubles dans les mots (comme au bon vieux temps du concours), ce que je vais cuisiner pour les copains, enfin besoin de quelques noeuds là haut on dirait. Et les gens qui écrivent pour de vrai, et cet enfant dont je n'ai encore jamais croisé le regard, mais celui de sa maman pleine d'espoir qui vient me gratter au moment où je marche sur le rebord du sommeil, les petites piqures de rappel au moment de sombrer dans l'entre-vie. Il faudrait un coup de froid, un coup de chaud, un grand plongeon, quelque choc qui nous ferait l'effet d'une pichenette. C'est pas du tout comme si on ne se sentait pas vivant! Mais il y a bien un petit bourdonnement sourd, les escalators sur lesquels j'attends mon tour qui vont un peu trop vite...

À table le midi, à la droite de mon M, non pas le mien d'ailleurs, du petit M, parce que la gauche n'existe pas depuis qu'on est allé tenter d'apaiser son épilepsie tout là haut. C'est un peu dur pour lui d'apprécier ces purées alors qu'il peut et doit manger des morceaux, bref, la lourdeur et les méandres de l'institution, et leurs dégâts tout au bout du circuit. Et l'éduc qui me dit ah maintenant c'est fini plus de bébé-congé maternité, plus de coupure d'ortho, t'as vu les dégâts après

Gris mouillé un dimanche matin, c'est un peu l'anarchie, Pépin porte son plus moche pyjama, je renverse ma théière sur le canapé et Flanelle fait pipi sous la douche alors que je le lave. C'est en sabots que je vais chercher les pommes de terre qui nous manquent pour la potée de ce soir, et dans la queue pour payer nous ne sommes qu'une troupe d'ébouriffés. Un second gâteau de mars devrait aider à remette un peu de cohérence dans tout ça et ajouter la pointe de miel dans nos gorges qui nous évitera de nous mettre à râler. Puis on a encore la promenade au soleil d'hier, avec les gens doux qui pourraient nous rendre un peu nostalgiques. Et le repas de lapinous (sic) qui va avec, la tatin de poireaux -encore!-, le gratin de céleri et les carottes à l'oseille et aux graines de lin. 

7 commentaires:

  1. Allez, zou, je me lance tout de suite dans un gâteau de mars… trop besoin de mielleux-moelleux-chaud ce soir ! Déjà ce petit passage par chez vous fait un bien fou avec ce Pépin curieux rieur :D

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  2. Le petit M. et ma petite M. et la lourdeur et les méandres de l'institution.
    Mais Pépin et les gateaux !

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  3. Ah oui la lourdeur des méandres... parfois envie de tout envoyer balader, non mais !

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  4. J'ai pensé tout fort à toi en mangeant mes premières graines germées sur tartines... et elles étaient piquantes et croquantes, comme ici!

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    1. Oh tu as réussi, ça n'a pas pourri ni rien? Il faudra que tu m'expliques tout ça, je suis frustrée de la graine germée moi!

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  5. Ce que tu manges me donne toujours terriblement envie. À quand le recueil de recettes ?

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  6. oui oui ... trouvons du romarin pour un gâteau de mars ! <3

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et parce que c'est parfois frustrant de ne pas pouvoir s'en dire plus: tinoftea@gmail.com