10/52


En retard. Évidemment on etait dehors comme des oiseaux qui n'en revenaient pas de pouvoir enlever leurs gants. On a profité d'une jolie grasse matinée, tous les trois rendormis par surprise alors qu'on pensait la journée commencée. Des croissants, des baguettes, et un pain aux raisins sans glaçage pour moi s'il vous plait. Le parrain qui commence à trouver ce bébé intéressant et bien vivant. Tous les quatre on est allé se promener, parler d'avoir trente ans, de compter les sous et de manquer d'un endroit où on ne ferait pas que se croiser avec les inconnus. Pas encore blasés ni amers, enfin je sens quand même poindre une envie de rêver d'ailleurs, mais je pense que c'est seulement parce que je suis la fille d'un étranger.

J'avais mis ma jupe de notre première rencontre, mais il n'a pas remarqué. Enfin pas tout de suite, mais c'est vrai qu'il nous faudrait à chacun une paire d'yeux en plus pour se regarder en plus du bébé qui fait toujours des choses si regardables. Puis c'est un peu l'été depuis deux jours, et ce soleil dans les yeux peut bien nous éblouir un peu. En rentrant cette après-midi, toujours avec cette impression d'école buissonnière que me donne mes nouveaux horaires, j'ai ouvert grand la fenêtre de la cuisine. Si j'avais eu un chat il se serait mis pile là, sur le rebord, car le soleil y tapait fort. Les cris de la récré de l'école d'à côté ont empli l'appartement. En attendant que l'eau bouille je repensais à la discussion avec mes collègues ce midi, est-ce que j'en ai trop dit, est-ce que se positionner c'est trahir ou changer de camps, et est-ce que je n'ai pas toujours trop envie de faire plaisir? Enfin on était d'accord sur la facon d'être plus pertinentes dans nos actions auprès des enfants et je crois que ça peut suffire à me dire que c'était une discussion efficace.  

Ce soir mon envie de gâteau au chocolat l'a poussé dehors, panier à la main. En attendant j'ai mangé un pamplemousse en trouvant que c'était la meilleure chose au monde. Et toi Pépin, butternut ce soir, ça te dit?

2 commentaires:

  1. Ah cette photo ! Vous êtes de la pâte d'amour tous les deux...
    et pour moi se positionner au travail, je ne sais pas si c'est trahir les autres, mais en tout cas ce qui est sûr c'est que tu restes fidèle à toi en respectant tes idéaux !

    RépondreSupprimer
  2. Comme j'aime ça, te lire… Deviner, sentir ta fragilité derrière les mots et ta force en même temps. Je t'embrasse.

    RépondreSupprimer

et parce que c'est parfois frustrant de ne pas pouvoir s'en dire plus: tinoftea@gmail.com