Dans ce recueil des choses délicieuses à vivre qui ne semble plus jamais vouloir s'arrêter de s'écrire au jour le jour, j'ajouterai volontiers ses sourires un peu endormis, quand une tétée touche à sa fin. C'est si agréable de rendre quelqu'un heureux, ça nous semble être une de nos premières missions face à ce petit garçon. Et ma foi si vous l'entendiez roucouler je crois que peut être vous nous valideriez au moins le niveau un. Les minutes qu'on ne compte plus au téléphone aussi, aller les heures même. On me raconte, on me demande, je me sens toute bien balisée un peu, comme quand je cale la couette dans le dos du bébé pour que ce soit moelleux et rassurant pour lui. Bon il y a bien cette grand-mère qui si je tombe sur un jour de mauvaise lune me fera la morale et me racontera que les bébés ça doit pleurer pour se ventiler, et des méchancetés sur sa voisine qui la font un peu sonner comme une trottinette rouillée, mais j'arrive toujours à chiper quelques anecdotes touchantes au passage.

J'aimerais bien avoir à décider où passer les fêtes, devoir répartir les jours entre les gens en tâchant de ne heurter personne. Je n'aimerais pas devenir un de ces grincheux qui disent ne pas aimer les fêtes, mais c'est tout de même une période où l'absence clignote. Cette année, je vais peut-être regretter l'intimité de l'an dernier, à deux-presque-trois à Bruxelles, coincés que nous étions à cause d'une panne de voiture. Quel merveilleux prétexte pour un noël aux chandelles. Je mangeais mon foie gras végétal pas terrible et on buvait du champagne. Cette année, si jamais le gris m'entoure un peu, j'aurai les Noëls à venir sous le coude pour rester gaie, et la plus chic des tisanes pour snober dignement les bulles. 

Dimanche soir, du brouillard. On est rentré dans un wagon qui donnait un peu l'impression d'être puni, tout serrés que nous étions les uns avec les autres. Encore des roucoulades, ce bébé s'en sortait merveilleusement malgré sa mere qui jouait les Cassandre en ayant peur qu'il se fâche un peu d'être dans un train bringuebalant à l'heure où l'on est d'habitude plutôt en train d'essayer d'apprivoiser Morphée. Enfin il était comme nous, tout repu de bonheur. Deux jours à Paris, à embrasser les amies et à se laisser impressionner par les sapins derrière les fenêtres. Du thé tout le temps, les plus doux œufs brouillés de l'année. Si facilement trois, quatre ou cinq qu'en y pensant plus posément ça m'aurait surement mis les larmes aux yeux. C'est si agréable de voir son bébé partager notre plaisir à être ensemble, le voir fondre dans les bras de sa marraine-la-fée. Le puzzle aux mille pièces qu'est parti pour être notre vie continue de se construire bien joliment, et l'on s'accommode des petits cailloux que sont les frissons ou les siestes hoquetantes à coup de souvenirs comme ceux-ci.  

4 commentaires:

  1. Deux fois que je lis ton texte... et deux fois que je finis avec les yeux mouillés.

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  2. Douceur. Toujours.
    J'ai retrouvé le bonheur de fêter noël depuis que le Poc est parmi nous. J'espère qu'il n'y aura pas trop de gris mais une montagne de couleurs pour t'entourer cette année.
    Je t'embrasse

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  3. Merde alors, je serais grincheuse ? Tant pis, j'assume, je n'aime pas les fêtes;)

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  4. Moi aussi j'aimerais bien ne pas savoir comment faire.... Heureusement qu'il y a les amis !!! En attendant de créer ma famille ...

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et parce que c'est parfois frustrant de ne pas pouvoir s'en dire plus: tinoftea@gmail.com