Seule, ou presque, à fermer les yeux dans cet avion. J'en fais appel à la pensée magique pour ne plus penser à la folie que ça me semble être, cette idée de dépasser les nuages. Je me rapproche de quelque chose, mais quoi, j'aurai envie de dire un peu facilement de moi. Je l'aime pour m'avoir rendu le bonheur de faire des choses seules, il me donne cette confiance qu'ont peut-être les gens qui ont eu de vrais parents, de ceux qui sécurisent et qui fabriquent un douillet coussin, il m'a permis de me tricoter mes propres filets. Et très vite je suis enrobée de cette cacophonie, presque comme celle qui m'accepte en Belgique, mais avec plus de bleu et un je ne sais quoi de familier. Un premier bain de mer, les pieds, puis tout le reste, on est rouge de froid et de chaud. Ils sont face à leur mer, sans cérémonial, parce que ça fait tellement partie d'eux. J'envie ce sentiment de chez-soi, d'appartenance, je vais y arriver après avoir tâtonné, mais quand même. Je ne sais pas si je me sens tant étrangère qu'étrange. 

Très vite on est samedi, le redouté-attendu, toute façon il n'y a que des choses à deux faces, il faudrait s'en faire une raison. On m'oublie, on me réclame, on se languit d'avance, je laisserai une petite trace ou pas, quelle qu'en soit la couleur aujourd'hui on se dit au revoir. Entre deux portes, bonne chance, bonne chance, ah vous allez en France, quelle chance, c'est dommage, tant mieux pour vous. Je culpabilise d'être pour certains si soulagée de refermer la porte. Humaine, trop humaine. 

Je reconnais ce sentiment de vide-vacillement quand je rentre enfin, des pointillés devant les yeux d'avoir porté mes livres, mes jeux, mes cours, mes grigris qui m'estampillent logopède-orthophoniste-celle qui est censée savoir. Ce vide post-concours, de début de grandes vacances, quand tout est possible mais qu'on ne veut pas encore tout à fait le croire. Très vite j'oublie, des pivoines m'attendent sur la table, et pas loin je crois même voir des chocolats. 

6 commentaires:

  1. tu sais chaque fois que je suis allee au pays de la Bonne Mere...il pleuvait averse ! je ne l ai jamais vu moi le port sous le bleu et le soleil qui eclabousse ... bon retour au pays des chocolats ou ca fond pas dans la main !
    bises
    Emma from SF

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  2. tu rentres en France? mais ou?!

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  3. Donc tu as passé un concours, donc tu vas quitter Bruxelles et retourner en France...
    Il me tarde de lire le prochain épisode !

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  4. Des chocolats belges quand même ?
    Ta parenthèse bruxelloise m'a permis de te rencontrer et c'était sucré. A bientôt.
    Bon pas à pas sur ton chemin !

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  5. Tu vas où? Oh, je suis trop curieuse moi!!!!

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et parce que c'est parfois frustrant de ne pas pouvoir s'en dire plus: tinoftea@gmail.com