Ce qui me réveille c'est un rêve à propos de gens dans une bombe qui sont propulsés dans les airs, l'image d'être en face d'une fille qui porte un masque un peu rétro, puis l'impression d'être dans des sièges de cinéma qui me font vivre ça physiquement. Je négocie avec moi-même pour ne pas regarder l'heure, puis finalement si, puis de toute façon je suis témoin de la nuit qui s'en va par la fenêtre. C'est bleu, puis presque blanc, le ciel dehors, il n'y a pas ce rose qu'on promet aux courageux qui se lèvent tôt. Lui dort, sûr de sûr, le chien en bas aussi. Les bruits de cette maison ne me surprennent plus mais ne sont pas encore familiers. 
Je crois que je pourrais me rendormir à la seule condition d'arrêter de penser. Ce rendez-vous, dans quelques heures, au prochain travail. Ce qu'il faut régler, d'un côté et de l'autre de la frontière. Les histoires d'accords de logopédie, de tiers-payants et autres qu'il me faudra encore, encore et encore réclamer. Le côté-huissier pas chouette du métier, qu'heureusement j'abandonne en même temps que mon statut d'étrangère. 

Vite, trouver des motifs de réjouissance. Impérativement. Là comme ça, alors que je prépare les futurs bâillements qui m'accompagneront aujourd'hui, c'est un peu dur. Je n'ai qu'une liste de choses à faire en tête, et je ne me laisse pas de soupapes. Qui me prescrira une journée consacrée à la confection de confiture de pissenlits? 

Quelques heures après tout ça, après avoir serré les mains de ceux que j'appellerai monsieur mais qui me répondront Clémence, quand mon cœur a un peu débattu, je l'attends dans la voiture. C'est à lui maintenant de préparer sa suite, C'est France musique que j'écoute, et je regrette un peu de ne pas m'être garée sur le trottoir au soleil. Je regarde mes photos, Paris il y a longtemps, tout ce qu'on avait bien mangé, du vernis à paillettes, des enfants en fauteuil, justement ceux que je vais retrouver bientôt très bientôt. Des traces de la vie d'avec mon père, les photos et poèmes qu'il m'envoyait, le cœur qui sursaute, je n'ai pas le courage de relire, ce sera pour une autre vie, celle qui me pourvoira d'un cœur un peu mieux accroché. 

3 commentaires:

  1. Les motifs de réjouissances s'emmêlent un peu avec le reste pour le moment, mais, une fois la marée retirée, on dirait qu'ils brilleront sur le sable comme autant de promesses de sourires et de ciels roses aux petits matins surprenants.

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  2. Oui attends un peu... Tout va s'apaiser...

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  3. Et puis c'est le temps des fraises avec la crème et le sucre... Si ce n'est pas un motif de réjouissance, ça !!!

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et parce que c'est parfois frustrant de ne pas pouvoir s'en dire plus: tinoftea@gmail.com