C'est un matin torticolis-pain aux raisins. Ça fait deux fois que je l'écrit de prime abord "pain aux raisons", et c'est dans mon oreille pas sourde que ça tombe. Je suis en si bonne compagnie, ce matin trop tôt. Il y a lui qui gigote, à côté, avec sa respiration des rêves, jamais pareille sauf pour quelques secondes. L'autre lui, dans la cuisine dans son panier, qui a deviné que j'étais réveillée et qui voudrait bien que je me lève pour de vrai, et fait des aller retour derrière notre porte en ronflotant. Un autre lui, dans la chambre d'ami-salon, mais lui je ne sais pas comment il dort. Je me laisse entourer des gazouillis dehors-dedans, et c'est pour ça que finalement c'est assez savoureux d'être réveillée, chaque minute de plus à en profiter, c'est à inscrire sur la liste des réjouissances à être vivante. 
Il n'y a pas de pain aux raisons-raisins, mais du pain au maïs, du beurre et du miel de carotte. C'est un milky oolong qui parfait ce déjeuner en tête à tête. Je sursaute quand les oiseaux se réveillent tous d'un coup, mais c'est un sursaut gai, comme pour une surprise. 

C'est très dense en ce moment, si je souhaitais faire dans l'exhaustivité il me faudrait beaucoup de tirets. Je parlerais de cet atelier aux mots, intimidant-stimulant, l'air frais que ça me fait de sortir de ma zone de connu, mon terrain conquis. Là bas j'y ai écrit, et ça ne fut même pas grave.
J'essaierai d'imaginer la semaine prochaine, mes 27 ans, le jour du printemps -27 c'est jaune d'or et vert olive-, un anniversaire en équilibriste, à la fois premier et dernier toute seule. Et le lendemain le sourire jusqu'à la lune qu'on attrapera et qui ne devra peut-être plus jamais nous quitter. 
Et puis hier, quand les étoiles forment un chemin confortable, ce mail que j'écris, puis ce coup de téléphone le soir, et à minuit tout est décidé et oui ce sera comme ça, et coucouche panier les scrupules. 
Il n'y plus que des compte à rebours, je suis entourée de pendules qui vacillent d'un air confiant. 1 mois et demi, d'abord. Dans un mois et demi nous serons ailleurs, je retrouverai un bureau que j'ai connu, des enfants qui auront grandi, dont certains se souviendront de nos tâtonnements. Les autres, ceux de la lune, trouveront peut-être que mon odeur a changé, mais que le toucher de mes cheveux non. Ou l'inverse. On va tâtonner et s'installer aussi. 

10 commentaires:

  1. Bon retour alors, je suis ravie de cette belle nouvelle.

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  2. Je crois lire un début d’apaisement... (et je crois lire des tonnes d'autres choses entre les lignes - mais il faut peut être que je retienne mon cerveau qui s'emballe). A vite pour d'autres matins pain-chouquettes-croissants, pourvu que ça vienne d'une bou-lan-ge-rie.

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  3. Je lis aussi des choses entre les lignes et je suis bien curieuse de savoir...

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  4. Ben moi aussi je crois deviner des choses porteuses de futur... Bon retour parmi nous ...
    Bisou à F. Dont la vie va changer aussi !!

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  5. Aller. Venir.
    Mais le grand sourire surtout.

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  6. Tiens...tiens... Aurais je bien compris?! :-)

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  7. ah ah...on lit des choses entre les lignes !!!

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  8. Me voilà rassurée, je ne suis pas la seule à faire preuve d'imagination...
    Bel anniversaire pour demain ou après-demain !

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  9. Comme j'aime le ton de cet article, et comme j'aime la façon que tu as de te réapproprier les expressions et les mots. Tes écrits sont un régal, toujours.

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et parce que c'est parfois frustrant de ne pas pouvoir s'en dire plus: tinoftea@gmail.com