On commence à me dire les ne vois pas tout en noir, il faut regarder ce qui va bien, si on se focalise sur ce qui ne va pas on ne s'en sort jamais… tic-tac-tic-tac, il semblerait que j'aie épuisé mon temps de malheur octroyé. C'est bête, j'ai l'impression que ça venait seulement de commencer, cette sensation d'y couler, d'en être recouverte. L'authentique sensation que demain n'est qu'un fantasme. 

À la télé ici, si on veille tard la nuit, passe une série, In treatment. C'est avec Gabriel Byrne, il est psychanalyste, et chaque épisode est une de ses séances avec divers patients. C'est la série qu'on regardait avec papa à l'hôpital, on pouvait en dévorer 6 ou 7 d'affilée dans l'après-midi, interrompus par les prise-de-tension-vous-avez-mal-l'heure-du-potage ou les pauses goûter, les galettes ardennaises qu'il me demandait d'aller chercher à l'autre bout de la ville et clopes quand c'est la seule liberté. Le temps est si long et court, alors, on l'avait entre les mains et ça nous brûlait un peu. 
Alors je la regarde moi aussi, cette série, parce qu'en ce moment je veille tard. Je fais autre chose en même temps, pour mettre un peu de distance, un compte-rendu, un tour sur pinterest, parce que je ne sais pas ce que ça me ferait, un vrai face à face avec les réminiscences. J'ai envie de voir ça comme un petit signe qui me dit que je suis ici au bon endroit, pas tout à fait toute toute seule. J'espère que ça n'est pas ridicule. Il m'en faut peu et tellement à la fois. 

Ma grand-mère m'a demandé tout à l'heure ce qu'on pouvait me souhaiter pour 2014. Mes yeux sont sûrement devenus ronds comme des billes, et rien ne me venait. J'ai fini par dire "oh je n'attends rien d'autre que d'être une vieille dame tranquille", me disant que c'était peut-être la seule chose qui me faisait rêver en ce moment, être quelqu'un qui aurait le droit ne plus courir après quoi que ce soit.  Et j'ai été étonnée que sa réponse me surprenne presque: "mais tu as tout le temps pour ça!". Tic-tac-tic-tac, encore! 

5 commentaires:

  1. j'ai dit ça à ma psy, que j'avais un rêve pour quand je serai vieille. Elle a trouvé ça fou : mais vous serez peut-être toute usée ! non non il vous faut des rêces pour toute suite !

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  2. oh il faut que je t'envoie un nouveau passage lu de Comme les amours. C'est exactement sur le temps de malheur épuisé. Ou pas justement.

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  3. Oui tu as le temps, comme tu as le temps pour aller mieux. Il n'y a pas de durée définie, tant pis si l'entourage commencer à trouver le temps long, ce qui compte ce n'est pas le temps, c'est ton avancée (et même là, j'en suis certaine, tu avances, même si le ciel semble toujours gris).
    Des bisous.

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  4. merci pour le tip série ...gabriel byrne ...j'aurais pu être amoureuse , 40 ans de moins( ?) Tu as vu le special christmas pour Downton Abbbey?
    Let's talk about what's important ....
    Bonne année malgré toi et tout à toi....

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  5. Tu n'es jamais toute seule Clémence ! Tout ce qu'ils t'ont appris et que tu distilles jour après jour, ce qu'ils ont façonné de toi, ce sont eux deux qui t'accompagnent. A chaque pas ils sont juste là, derrière toi, dans ta manière d'être si douce avec la vie alors qu'elle n'est pourtant pas tendre avec toi.

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et parce que c'est parfois frustrant de ne pas pouvoir s'en dire plus: tinoftea@gmail.com