17 bisous sur le pied gauche/ Je faisais de mon mieux pour la rassurer, mais en réalité j'étais terrorisée

Vendredi soir, on tripote de la plasticine qui vaut des uns, on prononce "acklaboumchlak" en se bouchant les oreilles, on m'apporte des fleurs et des chocolats pour Noël et c'est très touchant.

Les gens m'envoient des messages de vacances, de Noël. Ça vrombit, un peu, ça grossit, ma différence,  mon impression d'être étrangère a tout ce qui préoccupe les gens en ce moment et j'ai peur du paroxysme.
Être dans une petite gare de campagne, toujours ce sentiment, et même qu'il commence à y faire un peu froid.

J'ai envie d'un croque monsieur vert à l'avocat et au pesto. On n'a pas du faire les courses -si ce n'est au night-shop du coin- depuis bien un mois. C'est la décroissance, faute de temps (et d'envie!). Puis, d'une rébellion un peu adolescente je me dis, à quoi bon… 
Demain il y aura une longue marche dans la nuit, ça devient ma nouvelle marotte, le froid aux joues et les histoires de fantômes.

Vendredi nuit, une soirée laborieuse, des papiers, des chiffres à aligner, des questions notées sur un coin de feuille, une matinée avec les mutuelles à prévoir… c'est le statut ô combien ironique d'indépendante qui veut ça. Pour dire qu'il y a la vie, aussi, un peu, même si ma robotisation est en bonne voie, je pars au lit l'ordi et les aiguilles sous le bras. Le nouveau tricot, une histoire un peu ambitieuse peut-être, mais avec un fil pailleté qui se nomme "mon prince charmant", et les tout nouveaux joujoux, des aiguilles circulaires. Je regarde "Bloody daughter", un documentaire tellement touchant sur Martha Argerich, par sa fille. Je regarde cette famille évoluer, je regarde ça comme un objet étranger, ces discussions, ces échanges.

Ça fait si longtemps que je ne me suis pas vernis les ongles. 

5 commentaires:

  1. Clémence n'est plus Clémence sans bons petits plats. Peu importe la paperasse mutuellienne ou je ne sais quoi encore, file faire des vraies courses pour te mitonner de délicieux goûters à déguster avec le thé qui réchauffe tes joues rougies. (& sur les ongles, des paillettes. Toudsuite !)

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  2. Tu écris de mieux en mieux Clémence. Même quand c'est triste, c'est bon de te lire.

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  3. Bon, tu nous montreras le tricot qui brille hein!

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  4. Quelle jolie porte !! et ah! F.
    un prince charmant tout brillant qu'on peut s'enrouler autour du doigt , un rêve.
    Bonne trêve , ma Clémence, tu es peut-être étrangère là-bas, mais tu es ici chez toi non?

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  5. et mercredi , ça a marché???

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et parce que c'est parfois frustrant de ne pas pouvoir s'en dire plus: tinoftea@gmail.com