Vaille que vaille


Il y a un soir où nous sommes rentrés à pieds d'avoir été mangé des pizzas. On nous les disait napolitaines, en fait pas trop, mais ça n'était pas si mauvais. Et j'ai gagné un cours de diction avec le patron alors... J'en ai profité, pour une fois que c'était dans ce sens. Moi je n'avais pas bu de vin, ni de bières avant pendant le sacro-saint apéro, alors j'étais un peu devant, pendant que ça marchait en levant la tête derrière moi. Il m'a semblé entendre une chanson du grand Jojo, mais je me suis dit que c'était un peu cliché. Bien que tout de même vraisemblable. 

J'ai pu traîner un peu devant la cathédrale, celle qui donne mal au cou, et dans ce petit square sur le chemin, qui me fait croire quelques instants que je suis en France. Enfin à Besançon plus précisément, la lumière de nuit un peu jaune, et les immeubles qui se regardent. 

D'autres fois, pas longtemps après, j'ai assemblé un pull dans le mauvais sens, mais ça n'était pas du tout du à quelque problème de logique, seulement parce que le karma était mauvais. En finissant de tricoter les manches je devise en moi-même sur les épouvantails, j'ai hâte que la vie-tangible ne laisse plus de place aux images trompeuses et je me mords les doigts d'y croire trop souvent, à ces échanges qui n'en sont même pas parfois.  

Je lis un gros livre, et je viens de découvrir à plus de la moitié, qu'il est finalement très bien conçu et écrit. Je retourne au début pour vérifier des passages, et j'aime bien voir que j'ai été amenée tout doucement à ce qui se passe maintenant. J'aime ces livres qui nous assoient de force et nous laissent contempler le spectacle. Je suis plutôt soulagée de passer du temps en bonne compagnie, et maintenant ça m'embête que la fin arrive bientôt. 

Aujourd'hui j'aurai pu remplir mon carnet-des-gens-rencontrés qui n'existe pas encore mais qui deviendra bientôt indispensable. J'y aurais noté cet homme qui me raconte le mariage de son fils à Las Vegas et là où je devrai habiter à Bruxelles quand j'aurai des enfants, ce chauffagiste consciencieux et ce voisin à la voix de fumeur, que je n'aurai pas du tout imaginé avec cette voix là. En fait si je poussais le vice il faudrait que j'aie aussi un carnet de voix. Ça m'aiguiserait drôlement les oreilles et ce serait super intriguant pour les gens qui mettraient la main dessus dans 200 ans. 

11 commentaires:

  1. j'espère que nos échanges sont vrais, et qu'ils chemineront jusqu'a une vraie rencontre, dans la vraie vie...
    c'est quoi ce livre, tu m'intrigues...
    doux jeudi, demain c'est la quille ^^
    j'aime bien le jeudi et son petit goût sucré d'avant-propos...

    RépondreSupprimer
  2. merde, les pizzas ! C'était là où je vous avais dit ?...
    j'aime bien la transition entre le désir de ne pas laisser de place aux images trompeuses et le plaisir d'avoir continué un libre visiblement bof-bof et de se rendre compte qu'en fait il est bien (et d'ailleurs j'aimerais bien savoir ce que c'est comme bouquin, moi aussi !).

    RépondreSupprimer
  3. Que dire si ce n'est que j'aime venir ici lire tes morceaux de vie.

    RépondreSupprimer
  4. du vague à l'âme, une déception, des flâneries, des doutes, des faux-semblants, de bonnes surprises et beaucoup d'imagination... et des projets. tout est bien qui finit bien ! il faut souvent trébucher pour mieux repartir. alors si un tricot à l'envers, donne une belle idée de notes loufoques, je dis: Bingo !

    RépondreSupprimer
  5. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

    RépondreSupprimer
  6. J'ai découvert ton nouveau blog il y a quelques jours par hasard, chouette surprise de retrouver ta plume, tes listes (c'est une très bonne idée, ce carnet de gens rencontrés), ta créativité et tes projets. Bonne journée Clémence !
    (et oups, fausse manip précédente).

    RépondreSupprimer
  7. dis nous quel livre, quel quartier pour les enfants ?
    pour les pizzas, mamma roma c'est cher mais delicieux. A cause de leur huile piquante speciale et de leur patr croustillante mais pas dure...

    RépondreSupprimer
  8. Mais oui, donne nous le nom du livre !
    C'est marrant, hier j'ai vu un homme à la caisse du supermarché qui racontait qu'il était papa depuis deux jours, et il avait très peur mais ça allait aller, de toute façon il faudrait bien, et puis il était fier, son fils allait bien, mais quand même il avait peur... et je me suis dit, mince il me faudrait un "carnet de gens".

    RépondreSupprimer
  9. moi aussi parfois je ralentis la lecture parce que je veux pas que ca finisse et pourtant qd je commence un livre apres le premier chapirtre je lis toujours les 2 dernieres pages du livre...et parfois je remonte le livre a l envers ...je sias c est fou , c est comme un truc que je peux pas m empecher de faire !!! je te rassure je m arrete vite en rebroussant pour reprendre le sens ...du sens ;-) rahhh lala
    moi sur mon portable j ai enregistre les rires de Suzette presque tous les 6 mois ..alors oui a un cahier de voix . Moi j aime la mienne au micro de la radio , mais c est la seule !
    je t embrasse fort
    Emma from SF

    RépondreSupprimer
  10. oh oui un carnet de gens, quelle bonne idée!

    RépondreSupprimer

et parce que c'est parfois frustrant de ne pas pouvoir s'en dire plus: tinoftea@gmail.com