Respiration après respiration


Normalement je n'aime pas trop les scones, je trouve ça un peu sec, mais ceux-ci, au potiron et à l'orange sont drôlement bons. C'est le retour des après-midi à britisher devant Downton qui m'a inspirée, et sûrement le mail de la famille de là-bas, d'outre-manche, qui dit qu'elle prendrait bien notre petite carte envoyée aux amis qui dit "venez nous voir à Bruxelles" au mot. 

Tant mieux, je crois qu'il n'est jamais trop tard pour avoir envie de tirer sur les petits fils qui dépassent. Moi ce qui me fait peur et ce qui fait que si je me laisse aller j'en veux aux gens de leur silence -et surtout à mes gens, enfin ceux qui partagent un bout d'histoire-, c'est que je crois que le plus gros drame quand on devient orphelin c'est qu'on est tout à coup drôlement plus anonyme. On fait un pas de plus vers l'insignifiance. Que les personnes pour qui j'avais cette place toute spéciale ne soient plus là, ça me rend un peu transparente... même si oui, lui et quelques autres, je sais. 

C'est tellement précieux du coup les gens qui me renvoient que j'existe quand même un peu, malgré les casseroles qui commencent à faire beaucoup de bruit derrière moi. Que j'existe et que ÇA existe aussi, que ce drame, et cet autre pas longtemps avant aient aussi une place, je crois que c'est drôlement important aussi. Les gens qui autorisent ça ne me forcent pas à enfiler un costume qui finit toujours par me gratter, à avoir à faire attention à ce que je dis alors que je passe déjà beaucoup de temps à essayer de ne pas pleurer et que ça fatigue pas mal. 

Le travail du deuil, un travail à temps si plein, si fatiguant, et si peu reconnu. 

13 commentaires:

  1. Le drame évoqué dans le deuxième paragraphe me fait un choc, comme une grande claque dans le dos qui fait qu'on s'étouffe un peu. Je n'aurais jamais pensé à ça et je crois que je comprends ce que tu veux dire, et que je comprends que ce soit dramatique à ressentir et à vivre.

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  2. Moi, je pense souvent à toi ... sans se connaître, sans connaître ton histoire. Tu n'es pas transparente. Au contraire, tes mots sont lumineux ... ils brillent.

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  3. Quand je te lis, je me dis : " comment fait-elle, pour écrire ainsi ? Ecrire pour de vrai, du limpide alors que tout semble tordu, de l'imagé en couleur alors que parfois c'est noir, du brut si sensible, de la clarté si floue.
    Tu m'impressionnes ma merveilleuse*

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  4. Je pense souvent à toi Clémence. Je veux dire, vraiment. A ta nouvelle vie dans ta nouvelle vie. A ton chagrin que j'imagine incommensurable. A ton amoureux. A ton chien. A tes mots.
    Alors crois-moi, non, ô non, tu n'es pas transparente.
    Cette idée de "compter vraiment pour quelqu'un" m'est tellement familière que ça me fait un petit point dans le cœur de le dire...

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  5. ta nouvelle vie dans ta nouvelle ville, hein, sinon ça ne veut rien dire...

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  6. un travail si peu reconnu, certes, mais hein, une fois qu'il a fait son chemin ce travail, quelle victoire, quelle plénitude d'avoir réussi à accepter de porter cette marmite et de la garder dans nos deux bras...

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  7. Tes mots font tellement résonnance....je pleure devant mon ordi.....
    Tu le sais , j'ai dû aussi faire ce travail .....le finit-on un jour?
    Courage, ma belle ....

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  8. Ce ressenti, qu'il n'y a plus rien entre soi et l'eau froide, nécessite de doux mouchoirs. Et parfois l'absolue nécessité de vivre.

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  9. A te lire je mesure la chance d'avoir encore mon papa et ma maman... Je vais aller leur téléphoner pour leur dire que je les aime.

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  10. c est un travail douloureux et moi je voudrais bien porter un peu de ta douleur pour que ta fatigue te laisse un peu reprendre ton souffle de vie
    Je t embrasse de loin mais de pres
    Emma from SF

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  11. je change de sujet
    Pétard qu'il est chouette ce bouquin ... mais le parti pris de l'autarcie totale questionne beaucoup.
    Par chez moi, nous avons "corné" la page "faire son cidre " !
    ;)

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  12. Si vrai, si cru mais si beau!
    Admiration d'une autre esseulée de la vie... Après la douleur, les larmes et les questionnements viennent la sérénité, le calme et le bonheur d'une nouvelle vie méritée et heureuse.
    Courage, ferme les yeux et pense à nous qui te suivons et te soutenons.
    Prends soin de toi et au diable les empêcheurs de faire son/ses deuil-s sereinement.
    Aurelie

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et parce que c'est parfois frustrant de ne pas pouvoir s'en dire plus: tinoftea@gmail.com