Nuit(s)



Jeudi soir c'était de celles qui n'en finissent, quand on sait que chaque instant nous rapproche du sommet du pas agréable qui arrivera, fatalement. J'ai pensé aux nuit d'avant les concours, à celles qui ont précédé les cérémonies des au-revoir, à la veille de ma soutenance, à toutes celles qui m'ont entendues penser "demain ça y est je le quitte!", même si le lendemain la peur me faisait souvent mentir. Jeudi soir, alors, je pensais "c'est la dernière fois que ce garçon me donne mal au ventre". 

Et puis vient toujours la douceur de la nuit d'après. L'apaisement-soulagement des choses pas faciles mais qui ne tuent pas. Vendredi soir, courbatus d'avoir porté ces meubles, ces meubles que mes parents ont chiné ensemble, d'autres sur lesquels à la craie est inscrit le nom de jeune fille de mon arrière-grand -mère, émue d'avoir retrouvé mes peluches et ma maison belle époque playmobil, les passeports de mes parents, l'argenterie, les vases, et toutes ces choses qu'ils ont choisies, aimées, qui sont les témoins du fait qu'ils ont été là, des traces tangibles d'eux. Et les livres, les dizaines de cartons de livres griffonnés, signés, comme des carnets intimes presque. Le sentiment de justice un peu, tellement nécessaire face à cet homme qui me niait des pieds à la tête.

Oui je l'ai quitté, parce qu'il était de ceux pour qui c'était "lui ou moi", mais non il n'avait pas le droit de me spolier de mon héritage, que ce soit lui qui vive avec cette histoire là sous les yeux. Et encore moins maintenant. Ça a été écrit noir sur blanc après de longs (et coûteux de mon côté, avocat oblige) échanges de courriers, parce qu'ils tergiversaient, demandaient des sous (sic) pour avoir fait office de garde-meuble et comme "dédommagement" (double sic), lui et sa mère ont été obligés de revenir à la raison que je leur avais fait perdre. Hier je suis allée rechercher mes affaires, et j'ai à présent l'autorisation d'oublier cette fille vulnérable qu'il a voulu faire de moi. Il a claqué la porte quand on a eu fini de déménager les affaires, et moi j'ai entendu un tonitruant clap de fin. 

13 commentaires:

  1. Oh!!Clémence!! J'ai mal pour toi!!
    Quel courage....

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  2. mais c'est qui ce taré ?!
    ouf c'est fini. Sale type, pauvre gars.

    Tu gagneras toujours parce que tu es si VRAIE

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  3. Formidable la porte est fermee derriere toi. Clap de fin pour un clap de debut ; plus de lui dans ta vie. Ouste. du balais.
    Et maintenant a toi l odeur de la cire pour bichoner tes meubles...et ceux qui sont la pour te savoir le faire.
    bises bisettes
    Emma from SF

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  4. Well done ! Oh comme j'ai pensé à toi...
    A toi la liberté.7Alors, alors, tu vas relire certains de tes livres ? Lequel en premier ?

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  5. Un beau clap de fin. Je suis impressionnée par ton courage. Je ne sais pas qui est ce fou mais c'est toi qui as été la plus forte.
    Et maintenant, en avant!

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  6. Bravo Clémence, tes mots sonnent en clap de dernière fois, de tout ça c'est derrière toi. Des nuits apaisées t'attendent.

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  7. laisse passer... les nuages noirs... passer...
    de tout ♥

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  8. L'image du clap de fin ! Bravo pour cette philosophie et cette poésie de chaque instant, même quand l'instant n'est pas du tout poétique. Le clap de fin, c'est exactement ça, tu m'épates.

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  9. j'espère qu'il ne restera plus de tout ça qu'une petite cicatrice à peine visible qui sera juste là pour te rappeler aux leçons de nos vies mais ne te fera plus mal.......Mais n'oublie pas que ce qui compte de toute façon c'est d'être et pas d'avoir......nous tenons parfois à des choses auxquelles personne ne tiendra......je t'embrasse clèm à fleurs....

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  10. Alors bravo (pour le clap de fin). Bon courage. Tout passe, oui, oui.

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  11. Comme toujours... je ne comprends pas tout mais j'aime être dans l'ignorance ...
    Je t'embrasse fort ... j'ai le droit non ?!
    ;)

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  12. ouf ! et bravo d'avoir été jusqu'au bout!

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et parce que c'est parfois frustrant de ne pas pouvoir s'en dire plus: tinoftea@gmail.com