À pleins poumons




Bon, disons le franchement, on est rentré. Rentrés de chez rentrés, avec la voiture pleine à craquer, les presque 10 heures de route avec france culture jusqu'à ce que ça grésille vraiment trop parce qu'on n'était plus en France (et un peu Nostalgie, je guettais la seule chanson de Johnny que j'aime bien, c'était le week-end spécial Johnny qui nous a fait croire quelques minutes qu'il était mort avant qu'il aille vérifier sur internet), et les gens qui se sont mis à conduire comme des idiots dès qu'on a mis une roue en Belgique. Welcome, quoi. 

C'était à peu près sûr de toute façon que je trouverai toutes les raisons du monde pour être grincheuse voire bien triste de rentrer, et surtout d'arriver ici. Il y a eu la folie de Bruxelles en voiture la nuit, majorée par la fatigue de ces 800km on est d'accord, les créneaux dans cette fichue rue un peu penchée qui fait que je perds tout mes maigres repères, et cette grande duduche (d'au moins douze ans!) qui s'est complètement figée et mise à pleurer quand elle a vu le chien (qui n'est pourtant pas très effrayant, enfin pas effrayant genre chien méchant, seulement effrayant dans le sens où il n'a pas vraiment de museau et des yeux un tantinet globuleux). Au début on a joué les gens compréhensifs et dit au chien de s'assoir, elle a encore plus pleuré, et là on a commencé à avoir une espèce de fou rire nerveux post on vient de rester assis dans une voiture pendant dix heures. Son père s'est faché de tant de niaiserie et est parti sans elle, moi je lui disais "mais passe, il est gentil, et il s'en fiche de toi", bref on atteignait le psychodrame. Et tout ça avec des gens qui parlaient néerlandais (on ne sait pas encore si quand ils ne parlent pas français avec nous, c'est vraiment qu'ils ne parlent pas français tout court). 

Il y avait beaucoup de courrier qui nous attendait, du ni spécialement gentil ni méchant, juste le courrier de la vie. Une pub monoprix alors qu'ici il n'y en a pas, j'ai trouvé que ça faisait un peu petite pique, mais je dois prendre ça trop sérieusement. Une lettre de l'avocate pour les affaires pas rigolotes du passé, mais qui omettait la pièce jointe qui était le plus important du courrier. Je me suis demandé ce que voulait dire cet acte manqué. Je suppose que même les avocats ont un inconscient. Je me suis dit ohlala, si elle n'a pas mis la lettre, c'est que c'est pas bon du tout, et j'ai eu les yeux mouillés. Puis j'ai décidé d'appeler lundi matin et d'arrêter la psychologie sauvage. Ah si, il y avait quand même une bonne nouvelle, c'était notre invitation au mariage de mon copain d'enfance, qui était même un peu mon amoureux en ce2. Bon maintenant il se marie avec un monsieur, mais stop pas de psychologie sauvage sur ce retournement de veste! Ce sera notre premier mariage pour tous, et c'en sera encore plus émouvant. 

J'ai l'impression d'avoir passé 15 jours à tomber amoureuse. De la mer, de la vie qu'on pourrait s'y imaginer, de lui -encore, et je suis toute retournée que ça ne cesse de m'arriver-, des projets qui ont commencé à s'esquisser. Puis la place que j'ai concédé au chagrin, un peu à contre-coeur, parce qu'accepter c'est aussi se dire que c'est pour de vrai. Mais c'est concéder à cicatriser un jour, aussi. 

Voilà on est rentré, le lit était fleuri et fait, la bouilloire prête à faire du thé, et les voisins en train de faire un barbecue sur leur balcon. Maintenant j'ai envie de regarder la suite s'écrire, mais tapie derrière ma fenêtre, entrouvrant à peine le rideau. 

C'était bien d'être à l'abri pendant ces 15 jours, avec la mer pour me bercer. 

8 commentaires:

  1. Moi j'aurais bien aimé que tu nous fasses une analyse psychologique de la fille de douze ans qui a peur de ton chien ;)
    J'ai ri en lisant cet épisode, et puis aussi celui de Johnny peut-être mort vu que c'est un spécial lui sur Nostalgie (tu l'as entendue finalement ta chanson ? C'est laquelle ?), malgré le ton un peu grave de ton billet.
    Pour l'avocate, je me dis que précisément, elle n'est pas du tout là pour faire de la psychologie, mais juste pour garder la tête parfaitement froide donc je pense qu'elle est surtout étourdie, et pas qu'elle a peur de t'avouer quelque chose ou je sais pas quoi.
    Est-ce-que tu as un calendrier ? Sinon, je t'en fabrique un pour la fin de 2013 et je t'en offre un aussi pour 2014, je trouve que ça fait du bien le matin de pouvoir s'arrêter devant et de voir les choses prévues !

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  2. plus ça va et plus je me sens impatiente de te voir. Je viens de regarder les offres d'emploi EJE en Belgique sur pole emploi."Aucune offre n'a été trouvée". J'ai regardé, comme ça.
    Sinon, j'aurais eu ton adresse (hein), t'aurais eu du courrier gentil doux...

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  3. Je me demande toujours comment on fait pour revenir de vacances. Sérieusement, comment quitter ça ?
    Bon retour alors, et à bientôt.

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  4. Quel âge ont ces voisins qui font des barbecues sur le balcon ? L'âge de devenir des copains ?

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  5. Moi, ces mots, même si j'aime imaginer la nostalgie cousue à la Bretagne, ben ils me font rire. Enfin l'un ne va pas sans l'autre mais quand même.. Enfin tu vois ce que je veux dire...nan ?
    Bref.
    J'espère surtout rire très vite avec toi, pour de vrai*
    Des baisers

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  6. Peur de F? Wouaf, wouaf !!!! quelle duduche en effet....
    C'est sûr que ça dû être tellement dur ce retour...quitter la mer c'est toujours tellement triste.Quand va-tu avoir ton équivalence et pouvoir chercher du taf?
    J'espère que tes soucis (avocats, tout ça...) vont vite et bien se terminer.
    Bon Lundi

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  7. Quelles images dans tes yeux pour affronter l'automne ! Ah ça ira, ça ira...

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  8. un peu l'impression de lire ma fille et ses belles émotions

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et parce que c'est parfois frustrant de ne pas pouvoir s'en dire plus: tinoftea@gmail.com