Je fais des choses, parfois, je me demande si ça n'est pas pour me faire pardonner d'être moi. J'ai la tête dans des symptômes, parce que c'est bien pratique. 

Je me suis sentie un peu patraque et me suis demandé "qu'est-ce qui a bien pu me rendre malade?" Puis j'ai goûté l'amère ironie de ma question. J'ai toutes les raisons d'être malade et à la fois non. À la fois je suis la fille la plus triste des environs. La plus seule peut-être aussi.
Et à la fois je suis cette fille bien vivante, bien fort vivante. Celle qu'il a choisi d'aimer aussi. Celle à qui l'on envoie de belles phrases, celle qu'on vient voir, un peu, pour être là

Parfois j'ai quand même un sursaut, un peu peur de ce qui va m'arriver, de ce qui va nous arriver. Il me manque un peu de confiance, de légitimité, comme je disais souvent dans le fauteuil là bas en France. 

J'ai l'impression qu'il fait souvent gris, ici. J'applique mes leçons et je cache la lavande quand il pleut. Je la vois dehors du salon, quand je prends mon petit déjeuner. Et alors je me dis, autant pour me le mettre en bouche que pour le croire, c'est chez nous ici. 

3 commentaires:

  1. Clémence, ta première phrase me rend tellement triste. Tu es dure avec toi-même. Tu crois que tu peux venir passer un week-end ou plus au bord de la mer ? Ici il fait bleu bleu bleu et l'air iodé chasse les idées noires.
    Ou alors je viens te voir ?
    Tu n'es pas seule.

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  2. Maintenant, j'entends ta voix qui dit ce que je lis, quand je te lis...

    Je voulais dire (en espérant ne pas être trop à côté de la plaque par rapport à ce que tu ressens) qu'il n'y a pas plus légitime que toi pour vivre ta vie. C'est peut-être pas le moment où tu as le plus envie de sauter d'un plongeoir (j'imagine que tu as peut-être plus envie de te lover dans ta serviette qui sent la lessive familière), mais n'empêche que je pense que c'est bien de la malaxer, la vie, d'essayer des choses, même qui nous semblent un peu incongrues, un peu bizarres, pas tout à fait adaptées ou "dans le ton". Ca peut donner des idées, ou appuyer des choix qui sonnaient bien, faire penser "je ne me suis pas trompée, ça c'est juste bien pour moi". J'ai du mal à exprimer ce que je ressens... Je crois que ce que je veux dire, c'est que parfois, savoir ce qu'on veut et qui est bien pour nous, c'est plus facile en réfléchissant à ce qu'on ne veut pas et à là où on ne se sent pas à sa place.

    Bon, je vais continuer d'y réfléchir ;-)

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  3. Chère fille la plus triste des environs, sèche tes larmes à la lavande, je t'envoie des mouchoirs de petits mots qui disent que même de loin, les pensées doucent t'ont suivie jusqu'à ce chez vous...

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et parce que c'est parfois frustrant de ne pas pouvoir s'en dire plus: tinoftea@gmail.com