Chantier bien entamé



Je jette tout ce qui est ébréché, et c'est tellement cette expatriation ce geste. Je n'emmène rien de cassé. 

J'aimerais tellement lui écrire ce que c'est pour moi ce départ, ce moi du dedans un peu neuf, mais tellement pleine de cases pas vides qui peuvent m'accompagner sans me faire l'effet de coups de couteau.

Les thés éventés, aussi, je jette. Ne garder que ceux qui me vont bien, ça a un peu le goût du luxe. J'emmène les graines précieuses en revanche, je ne veux pas de placards trop neufs en arrivant. Tous les pots un tout petit peu cabossés, leur papier de soie découpé en forme de rectangle qui dit, au feutre, graines de lin/sésame/lentilles béluga. Et le sarrasin pour nous faire du soba-cha à peine arrivés. 

J'imagine les nuits dans cet espace à peine colonisé, les circuits entre les cartons. Tout ce qui va nous manquer aussi, mais ce sera drôle parce que bancal. 

Je sais qu'il y aura les thés dehors, qui nous donneront certains matins la chair de poule. Il y a aura les expéditions au parc avec le chien. On plantera des choses, parfois ça poussera et parfois pas, mais on guettera avidement, sûr de sûr. 

2 commentaires:

  1. Chouette d'emmener les graines ! c'est tout un programme! :-)

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  2. Ce que j'aimerais que tu m'inities un peu aux graines !

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et parce que c'est parfois frustrant de ne pas pouvoir s'en dire plus: tinoftea@gmail.com