On est pas tous passé par là



Journée compte triple

La baffe du réveil. Elle ne s'amplifie pas tant que ça, mais cette récurrence m'anesthésie. J'ai pourtant essayé de grappiller du rab à l'absence de tracas que le sommeil permet. Mais les chimères sont là pour disparaître. Puis les gestes en mode automatique, salvatrice mémoire procédurale qui sait encore tout faire, même quand tout est en vrac. Les chattes, le thé qui refroidit sans que je prenne la peine de le boire, les aller-retour entre les étages, parce que quitte à s'épuiser... Les oranges que je presse, transvaser dans une bouteille et prendre la voiture pour la première fois de la journée. 

Assises dans l'herbe, un pique nique de plus avec l'amie d'enfance. Galvanisée d'air et de soleil, ça finira par me donner mal à la tête mais qu'importe, se sentir vivante quel que soit le moyen. Je ressens et surtout je goûte le bonheur d'être heureuse pour quelqu'un, d'avoir le privilège d'être le témoin des choses douces qui se passent dans sa vie. Chaque jour qui ne me voit pas m'aigrir est une victoire. Les mailles et les mots, cocktail si récurrent d'en ce moment, de toujours finalement. 

Quelques heures avant de tout recommencer de la même façon, il faudrait que je me fasse quelque chose, que je réexiste un tout petit peu pour moi. Mais bien sûr que ma tête est dans cette chambre numérotée, bien sûr qu'elle est dans ce corps attrapé, dans cette fenêtre qui ne donne pas sur un ailleurs. Alors les mains s'affairent, encore, parce que là je ne prends pas trop de risques. Des betteraves, un avocat et du hareng, manger joli c'est déjà rester soi-même. Un gâteau aussi, pour moi, pour lui, pour pouvoir le raconter aux copines. T'as vu, je suis toujours moi, ne fuyez pas

1 commentaire:

  1. Ta lucidité est par moment effrayante mais si salvatrice.
    Prends soin de toi...
    Heureuse de te retrouver dans tinoftea!

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et parce que c'est parfois frustrant de ne pas pouvoir s'en dire plus: tinoftea@gmail.com