Frivolous tonight


D'où l'on marche sous la pluie sans que ce soit le cadet de ses soucis 

De loin, cette silhouette en queue de pie et pantalon rouge. Le seul de l'hôpital, sûrement, et peut être le seul de ma vie. Quand on est si rare, c'est forcément plus dur de vivre. A moins qu'il ne m'ait appris le contraire. Je saurai, je le sais, je ne suis pas pressée, on échange encore sans urgence. Il me permet d'être son témoin en tout cas, dans cette bulle qui n'attend que l'aiguille qui la piquera pour imploser. Mais bulle quand même, des mots, des mailles, oui je me répète. 

Je croise son psychanalyste, dont j'entends le nom depuis toujours. Il n'est pas de ceux qui intimident, et n'a pas de manteau de fourrure à la Lacan, soulagement. Il me dit "je vous ai entendue arriver il y a 26 ans, vous savez, ça fait 30 ans que je parle avec votre père". J'ai été parlée chez lui, et là c'est moi qui lui parle de symptômes, d'enfants entravés, et de co-construction. J'ai pris la parole, cette phrase généralement vraie à présent. 

En rentrant je mets le chauffage à fond, au moins j'ai une vraie raison d'étouffer. Les chattes sont ravies et c'en serait contagieux. Je regarde autour de moi, je m'en veux de vouloir tellement photographier tout ce que je vois, je m'en veux de vouloir accumuler les images mentales. Derrière un photomaton sur son bureau est écrit "Who's a pretty boy then? With a shave - almost human". Almost human et bien plus, céleste. 


2 commentaires:

  1. Cette photo, je la trouve splendide. Je dis oui aux répétitions, pour leur caractère rassurant, enveloppant. Et puis des redondances comme ces mots là, je veux bien m'en délecter encore un peu. ( - mise à part le fait que. )
    Baisers*

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  2. your blog is beautiful, through and through
    xx
    http://petalandplume.blogspot.ca

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et parce que c'est parfois frustrant de ne pas pouvoir s'en dire plus: tinoftea@gmail.com