Complainte, un peu


Les gens s'aiment et dans leurs gestes ça a l'air simple
Les gens retournent chez leurs parents le week-end,parfois. Souvent pour certains.
Les gens ne répondent pas aux mails, des fois. Même ceux qui disent un peu: tu sais, je fais comme si, pour pas plomber l'ambiance, mais le fil est tenu en ce moment.
Certains font des bébés, et ça a l'air simple. 
D'autres appellent leurs parents, pour savoir comme vivre les choses inédites. Ou juste pour être sûr. 
Les gens comptent les uns sur les autres. L'un sur l'autre, au moins. 
Les gens ont un oreiller fétiche dans lequel pleurer.
Il y a ceux qui ont l'esprit plutôt léger, parce que quelqu'un sait et fait mieux qu'eux, pas loin. 
Ceux en retard, et même que ça ne dérange personne. 
Ceux qui n'ont pas les moyens, et même que ça ne dérange personne.
Ceux là sans être là, et même qu'ils ne manquent à personne. 

Je ne me reconnais pas dans ces gens là, je n'imagine même pas ce que ça fait d'en être. Moi je suis celle qui veut, mais toute seule dans son coin. Je suis celle qui tâtonne, et qui doit faire pour combler les vides. Je suis celle qui le houspille dans sa tête, pour ne pas l'inciter, et qui finit par faire à sa place. Je suis celle qui pallie l'inconséquence de la femme de son père, alors que je ne suis même pas sur place. Je suis celle dont tout le monde oublie qu'elle est plus seule que les autres. Je suis celle à qui on passera son temps à dire je suis là, je suis là. Je les sens un peu ces mains, je ne les mords pas. 

N'empêche que. N'empêche que la vie m'alourdit, n'empêche que j'étouffe sous ce qu'il faut absolument que je réussisse, n'empêche qu'un seul cœur pour ce que je vis ça ne semble pas assez. 

3 commentaires:

  1. Oh que ces mots résonnent dans ma carcasse en ce moment, plus que je ne pensais. Courage, demoiselle C.
    Ce n'est réellement simple pour personne, je crois, notre couverture de souvenirs est faite de toutes sortes de fils, dont on fait ce qu'on peut, à tenter de les intégrer au tricot en cours; sache que, le plus souvent, un coeur suffit.
    Respire.

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  2. Je suis celle qui n'a pas répondu à ton mail et qui s'en veut... J'espère que la vie se fera vite plus légère. Je t'embrasse fort ma chère Clémence, même si je suis une piètre copinette.

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  3. Parfois les autres ont l'air, c'est vrai, parfois ils n'en manquent pas, d'air, mais on ne sait jamais vraiment ce qu'il y a dessous, l'air.
    Mais c'est pas facile pour autant, de les regarder, cet air-là, c'est tout ce qu'on voit.
    Et de quoi a-t-on l'air, soi-même, on ne sait jamais vraiment.
    En vérité, le lourd est souvent caché par un "air de" légèreté. Paradoxalement.
    Chez les uns comme chez les autres.
    C'est vrai pourtant, qu'en tout premier, il faut surtout respirer.
    De l'air ! Ce drôle d'air-là. Ou à défaut, chantonner, l'air de rien. Ou bien juste tonner. Tonne air de Brest.

    Je ne suis pas fortiche pour tous ces [mo]-là je crois, je fais trop de mots pour ne surtout pas parler des maux.
    Mais en tous cas, j'aime toujours beaucoup te lire.

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et parce que c'est parfois frustrant de ne pas pouvoir s'en dire plus: tinoftea@gmail.com