On a presque écouté le dicton et planté les trois fruitiers qui attendaient dans leur pot à temps... et en effet le lendemain matin le jardin était tout blanc de gel! Un pommier (des "pippin" je sais plus quoi, dont les pépins font du bruit quand on les secoue, on ne pouvait pas résister), un cerisier et un mirabellier (évidemment, vu où nous sommes!). Et maintenant guetter, guetter, guetter? Le printemps a des chances d'être gai... Quelques heures au jardin, à observer les vers de terre que l'on dérangeait en creusant, marcher derrière le chariot (sous les applaudissements!) et inspecter les brins d'herbe. De l'air pour se guérir un peu le coeur des moments-dragon ces derniers jours, le vivre ensemble s'écrit tous les jours, mais il nous manque parfois les mots... (heureusement le tricot est rose et les chocolats de Noël déjà dans l'armoire...!)

Un monsieur est venu et est monté sur le toit, même que l'échelle bougeait drôlement. Je suis allée me cacher à l'intérieur pour faire un café à tout ces hommes là. Quelques heures et bipbipbip plus tard on avait enfin un téléphone fixe et internet dans ce qui devient d'autant plus une maison, du coup. J'ai fêté ça avec un long coup de fil à ma grand-mère et la photo de mes nouvelles lunettes aux copines... On est allé s'inscrire sur ce site des fermiers du coin qui propose un drive une fois par semaine, pas loin, cherché la tête de cet animateur qu'on aime bien, et moi commandé ce livre en français de Jamie pour une amie (je fais du prosélytisme). 

On a fait une marmite de pâtes volantées, comme si on était une grosse famille. Dedans on a mis une fin de boursin et de la sauce au wasabi, celle qui fait faire des grimaces mignonnes mais aussi se lécher les doigts. Pépin a réclamé son lit mais a quand même repris du crumble, et après quelques baisers et aller-retour en haut la maison était tout calme. C'est a cette heure quotidienne et rare qu'on remarque ses bruits à elle, qu'on entend à nouveau le chien ronfloter-respirer, mes aiguilles cliqueter. Depuis hier je tricote une laine fuchsia pour un châle de noël, ça n'est pas agréable ces tricots date-butoir, mais les motifs qui se dessinent si, donc... 

Ma mamie s'est moquée de moi quand je me suis plainte de mes lessives quotidiennes. Elle me raconte ses 3 filles pas propres en même temps, sa lessiveuse à la main, et mon papi qui prône le repassage des couches pour les stériliser... Elle me raconte la bouteille de champagne qu'elle a ouverte pour la défaite de Sarkozy et moi notre inscription sur les listes électorales ici, sans grand enthousiasme. Il faut que je rattrape ces mois dans notre grotte un peu coupés du monde, et à peine raccroché j'avais envie de la rappeler pour lui raconter Pépin et le pot et les grues dans le jardin. La confiture de tomates vertes à l'orange et au citron, aussi. 

Et à nouveau penser à haute voix ici quand ça me chante, je suis contente!
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Ce petit veau de bébé réclame à boire à 6h30 et je ne me rendors pas. C’est autant pour le plaisir de ces heures à moi dans le petit matin, que parce qu’à peine les yeux ouverts se déroulent pêle-mèle tout ce qui se tient sur le feu.. (les rendez-vous à déplacer au boulot, le pédiatre-chauffagiste à appeler, le calendrier de l’avent et des moufles à tricoter aux enfants…). Finalement c’est en cuisine que je me mets, même si l’ail, le fenouil et les aubergines ne tiennent pas chaud comme l’odeur d’une brioche voire d’un croissant! Je mets cette grande gamelle au four, sans savoir si ça finira avec du blé ou en lasagnes (finalement en lasagnes, avec une béchamel au lait de riz). Odilon s’est mis à manger tout seul depuis quelques jours et ça change agréablement notre façon de manger. Il aime les morceaux qui s’attrapent bien, les deux mains au travail. Ça a commencé avec une chouette soupe aux pois chiches et aux petites pâtes, dont tout le monde s’est resservi un bol, jusqu’au risotto aux saucisses d’hier (pourtant pas si facile à manger avec les mains, mais ce n’est pas la volonté qui manque). 

Je me demande si ça n’est pas une semaine un peu paquebot qui s’annonce (formation pour tenir ma compta + formation tout court!), mais pour l’instant c’est le premier lundi que je peux vraiment goûter depuis que j’ai barré ce jour là (aussi) sur l’emploi du temps bureau-esque (semi femme au foyer qui ne s’assume pas vraiment). Et pouf à nouveau la liste qui défilent (la liste du magasin de bricolage: tronçonneuse, vis plates…cette après-midi carrelage ou peinture? avancer sur les compte-rendus de l’itep, etcetc). L’agréable du matin c’est surtout d’aller essayer le marché de la ville d’à côté. Pour de vrai cette fois-ci, nous avons tenté la semaine dernière, mais comme des touristes perdus ça n’était pas le bon endroit, ni sûrement le bon jour… Pas tout à fait acclimatés! Aller au marché, avoir ses habitudes à la médiathèque de l’autre ville d’à côté, et on sera encore plus chez nous. 

Ce qui aide bien, à être mieux calés ici, c’est cette nouvelle vie cuisine et canapé inclus! Je n’ai même pas su que cette vaisselle à genoux devant la baignoire était la dernière, ça sonnera romantique quand on le racontera à nos ados… Puis hier, alors que les bébés dormaient à une heure de petits vieux, un marteau, des clous, et un pas en avant vers la maison qu’on a tous les deux en tête. Et même internet, on a posté le dossier un peu solennellement en rigolant en se promenant dimanche, après une étude de marché rondement mené sur ce qu’il nous était possible d’espérer comme connexion tout au vert que nous sommes. Ce ne sera pas illimité et avec une parabole sur la tête, mais pouvoir aller sur ravelry depuis notre canapé voire en faisant la cuisine… it will surely feel like home non?